Invité du Space live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala ce samedi, Ferdinand Kambere, l'un des adjoints de Ramazani Shadary au sein du PPRD, a livré un réquisitoire sévère contre le pouvoir en place, dénonçant « la répression la plus sauvage que ce pouvoir ait connue ». Revenant sur l'héritage de l'alternance démocratique de 2019, qu'il a qualifiée de « première » en Afrique centrale, il a estimé que cette expérience s'était depuis « effondrée totalement avec l'avènement de Tshisekedi au pouvoir ».
Selon lui, après « sept ou huit ans au pouvoir », le régime serait en train d'« instaurer la tyrannie, la dictature la plus sauvage », sans avoir tiré les leçons des multiples alertes lancées par l'opposition.
L'orateur s'en est particulièrement pris aux poursuites judiciaires visant Joseph Kabila, les qualifiant de « condamnations contestées » et rappelant qu'elles sont également « condamnées par le Statut de Rome ». Pour Ferdinand Kambere, faire porter au chef de l'État sortant la responsabilité de la crise sécuritaire à l'Est relèverait d'une manœuvre visant à « l'étouffer » et à « neutraliser son parti politique » pour asseoir une domination sans partage, une évolution qu'il juge « une honte » pour un parti se réclamant hier encore de l'opposition, après « 32 ans » de combat politique.
Il a par ailleurs vivement critiqué le projet de changement constitutionnel porté par le camp présidentiel, rappelant que Félix Tshisekedi a « prêté serment deux fois » sur la base de ce même texte fondamental.
Sur le dialogue national actuellement en discussion avec la médiation de la CENCO et de l'ECC, Ferdinand Kambere s'est montré ouvertement sceptique, s'interrogeant si l'initiative n'était pas « une photocopie » des consultations tenues à Bujumbura, dont il a jugé les résultats peu convaincants.
Il a enfin dressé un tableau alarmant de la situation dans l'Est du pays, évoquant la poursuite des « massacres », des « pillages » et la présence de « militaires étrangers » et de « groupes armés » sur le territoire congolais, imputant à Félix Tshisekedi la responsabilité d'une crise qu'il aurait lui-même « créée ».