Eurobonds : le gouvernement promet la traçabilité des fonds et réaffirme qu'il financera des investissements structurants et non les dépenses courantes

Photo d'illustration
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Le président de la Commission économique, financière et contrôle budgétaire (ECOFIN) de l'Assemblée nationale, Guy Mafuta Kabongo a apporté des précisions sur le recours du Gouvernement aux eurobonds lors de la présentation du rapport de sa commission relatif au projet de loi de finances rectificative de l'exercice 2026, au cours de la séance plénière tenue le vendredi 3 juillet au Palais du Peuple.

Devant ses collègues députés nationaux réunis en plénière, le président de la Commission ECOFIN a indiqué que les discussions avec le Gouvernement avaient porté sur plusieurs aspects liés à cet emprunt international, notamment son montant, les taux d'intérêt, les mécanismes de mobilisation des fonds, leur traçabilité dans le budget de l'État, ainsi que les projets appelés à bénéficier de ces ressources.

« Un échange franc et sérieux s'est engagé entre votre Commission et le Gouvernement sur les eurobonds, notamment sur le niveau de cet emprunt, les taux d'intérêt, la captation et la traçabilité de ces ressources dans le budget de l'État, ainsi que sur la liste exhaustive des projets financés par cette ressource exceptionnelle », a déclaré Guy Mafuta Kabongo.

Selon le président de la Commission ECOFIN, le Gouvernement a assuré aux élus nationaux que les fonds issus de cet emprunt ne serviront pas à couvrir les dépenses de fonctionnement de l'État, mais seront exclusivement orientés vers des investissements à fort impact économique.

« Le Gouvernement a rassuré que ces ressources ne sont pas destinées au financement des dépenses courantes, mais à des investissements structurants capables de soutenir la croissance, de renforcer la connectivité nationale, d'améliorer l'accès à l'énergie et de développer le capital humain », a-t-il poursuivi.

Poursuivant son intervention, Guy Mafuta Kabongo a précisé que la première tranche de 650 millions de dollars servira notamment à financer la modernisation et l'extension de l'aéroport international de N'djili, la réhabilitation et la modernisation de la Route nationale n°4 sur le tronçon Kisangani–Bafwasende, ainsi que la construction de l'aéroport de Luano, qui bénéficiera d'une première allocation de 20 millions de dollars sur un coût total estimé à 200 millions de dollars.

Le président de la Commission ECOFIN a également indiqué que cette première tranche permettra de financer la construction d'une rocade à péage de 31 kilomètres autour de Kinshasa, le développement d'un réseau de lignes de transmission électrique de 330 kV vers la Zambie, ainsi que la construction de la centrale hydroélectrique de Katende, au Kasaï Central, d'une capacité de 64 mégawatts, dont une première phase de 16 mégawatts, ainsi que les lignes de transmission associées.

Au mois d'avril de l'année en cours, la République démocratique du Congo (RDC) a franchi une étape décisive de son histoire économique en réalisant avec succès sa toute première émission d'eurobonds. Cette opération a marqué son entrée sur les marchés internationaux des capitaux et renforcé sa crédibilité auprès des investisseurs.

D'un montant de 1,25 milliard de dollars américains, cet emprunt constitue, selon le gouvernement, un tournant majeur dans la stratégie de financement du pays. Structurée en deux tranches, d'une maturité de cinq et dix ans, assorties de rendements respectifs de 8,75 % et 9,00 %, l'émission a suscité un fort engouement sur les marchés.

Le livre d'ordres a, en effet, dépassé les 5,3 milliards de dollars américains, soit une demande supérieure à quatre fois le montant initialement recherché. Cette performance témoigne d'un regain de confiance des investisseurs internationaux envers l'économie congolaise.

Clément MUAMBA