Le président burundais et président en exercice de l'Union africaine, Évariste Ndayishimiye, a exhorté les responsables de la coalition Article 64 pour la défense de l'ordre constitutionnel (C64) à faire preuve de flexibilité et à privilégier le dialogue pour tenter de trouver une issue à la crise politique en République démocratique du Congo. C'est ce qu'a révélé à ACTUALITE.CD l'un des membres de la coalition au terme des consultations organisées lundi 6 juillet 2026 à Bujumbura avec les responsables de l'opposition congolaise et les représentants des principales confessions religieuses.
Interrogé sur d'éventuelles demandes formulées par le chef de l'État burundais au cours de leurs échanges, ce responsable de la C64 affirme que l'accent a été mis sur la nécessité d'accepter le dialogue.
« La seule demande qu'il nous a faite, c'est d'être flexibles, d'accepter le dialogue. Ce n'est pas nous qui avons parlé de dialogue hein ; c'est lui qui parle du dialogue. La seule demande qu'il nous a adressée, c'est d'être flexibles » a-t-il déclaré.
Questionné sur le sens de cette flexibilité, notamment pour savoir si elle impliquait l'acceptation d'un format de discussions incluant les propositions du président Félix Tshisekedi, ce membre de la coalition a affirmé qu'Évariste Ndayishimiye qui prône le dialogue estime que s'il existe des revendications qui devront être exprimées au cours du dialogue au moment où l'ordre du jour sera fixé.
« Non, il n'est pas allé dans le format tout ça, pour lui, les gens peuvent se parler et s'il y a un problème, c'est au moment où les discussions que vous fixez l'agenda, vous fixez les matières à discuter", a-t-il expliqué.
Initialement prévue le mercredi 8 juillet 2026, la manifestation de la coalition Article 64 pour la défense de l'ordre constitutionnel (C64) a été reportée au mercredi 22 juillet 2026. La mobilisation devait se tenir à Kinshasa ainsi que dans d'autres villes du pays, avec comme point de chute, dans la capitale, le Palais de la Nation, bureau officiel du président de la République. Cette manifestation s'inscrit dans le cadre de la contestation contre un projet de révision de la Constitution en vue d'un éventuel nouveau mandat du président Félix Tshisekedi.
La coalition explique ce report par l'invitation officielle adressée à ses dirigeants par le président burundais et président en exercice de l'Union africaine, Évariste Ndayishimiye, dans le cadre de consultations consacrées à la situation politique, sécuritaire et institutionnelle en République démocratique du Congo. Composée notamment de Martin Fayulu, Delly Sesanga, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund et d'autres personnalités, la C64 affirme avoir accepté cette invitation dans un esprit de responsabilité.
Convaincue que toute initiative susceptible de contribuer à la préservation de l'ordre constitutionnel mérite d'être explorée, la coalition indique qu'elle profitera de cette rencontre pour présenter, « avec clarté et fermeté », les préoccupations du peuple congolais ainsi que les menaces qui pèsent, selon elle, sur la démocratie et la stabilité de la République démocratique du Congo.
Avant cette invitation officielle, Évariste Ndayishimiye avait, lors de sa récente visite d'État de 48 heures à Kinshasa, insisté sur l'importance de la stabilité des institutions congolaises et de l'unité nationale face aux défis sécuritaires persistants dans l'est du pays. Aux côtés du président Félix Tshisekedi, il avait appelé les Congolais à préserver leur cohésion nationale et à surmonter leurs divergences.
Le chef de l'État burundais avait exhorté les différentes composantes de la société congolaise à privilégier le dialogue et à renforcer la cohésion nationale. Il avait également salué l'ouverture au dialogue de Félix Tshisekedi et réaffirmé sa disponibilité à accompagner toute initiative visant à préserver la stabilité de la République démocratique du Congo
Clément MUAMBA