Les émotions racontent une qualification. Les chiffres, eux, expliquent comment elle a été construite.
En trois matches, la RDC a trouvé son équilibre autour de trois hommes : Lionel Mpasi, Arthur Masuaku et Yoane Wissa.
Le premier a longtemps maintenu les Léopards en vie. Avec onze arrêts, 55 interventions dans sa surface et 45 en dehors, Mpasi a traversé la phase de groupes comme l'un des gardiens les plus sollicités du tournoi. Sans lui, le nul contre le Portugal et la courte défaite contre la Colombie auraient sans doute eu un autre visage.
Le deuxième s'est imposé comme le premier organisateur du jeu congolais. Arthur Masuaku termine la phase de groupes avec 124 passes, treize centres, six corners frappés, une passe décisive et surtout 74 cassages de lignes tentés, dont cinquante réussis. Derrière son poste de latéral gauche se cachait en réalité le principal relanceur de la sélection congolaise.
Le troisième a transformé les occasions en résultats. Premier buteur de l'histoire de la RDC en Coupe du monde contre le Portugal, Yoane Wissa termine le premier tour avec trois réalisations. Les statistiques illustrent son influence : neuf frappes, sept fautes obtenues et quarante passes reçues entre le milieu et la défense adverse. Il a constamment été la cible prioritaire des attaques congolaises.
D'autres chiffres permettent pourtant de nuancer certaines impressions.
Le tournoi de Cédric Bakambu, par exemple, a souvent été jugé décevant. Les données racontent une autre histoire. Avec 155 solutions proposées, il est le Congolais qui s'est le plus rendu disponible, quasiment au niveau de Vinicius (160). Il a également multiplié les appels dans le dos des défenses (51) et entre les lignes (64). Le problème n'a pas été son activité, mais le nombre limité de ballons réellement exploitables qu'il a reçus.
À l'inverse, Samuel Moutoussamy a impressionné physiquement. Ses 31,5 kilomètres parcourus, ses 458 courses à haute intensité et ses 122 sprints témoignent d'un volume de travail considérable. Noah Sadiki (22 kilomètres, 276 courses à haute intensité) a terminé très fort, tandis que Ngal'ayel Mukau s'est distingué par son pressing. Avec 103 pressions défensives, il termine en tête des Léopards dans ce domaine.
Sur les côtés, Nathanaël Mbuku a été particulièrement actif contre l'Ouzbékistan. Neuf centres, un but refusé par le VAR et plusieurs coups de pied arrêtés dangereux ont confirmé son importance dans le dernier match. Brian Cipenga, lui, n'a disputé qu'une seule rencontre comme titulaire, mais il a constamment créé le déséquilibre balle au pied.
Enfin, les chiffres confirment aussi l'importance du banc. Meschack Elia n'a joué qu'un match, mais il délivre une passe décisive. Fiston Mayele entre et marque. Mukau apporte immédiatement davantage de maîtrise au milieu. Les changements opérés par Sébastien Desabre ont changé le destin de la rencontre contre l'Ouzbékistan et, avec lui, celui de toute la phase de groupes.
Ces données racontent finalement la même histoire que le terrain. La RDC ne s'est pas qualifiée grâce à une seule individualité. Elle l'a fait grâce à un gardien qui a repoussé l'échéance, un latéral qui a organisé les sorties de balle, un attaquant qui a transformé les occasions, et un banc qui a renversé le match décisif.