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Grands Lacs : pour Patrick Mbeko, la présence américaine obéit avant tout à la logique de la rivalité avec la Chine

Carte des limites de la RDC et ses voisins

L'implication des États-Unis dans la région des Grands Lacs, souvent présentée comme motivée par la recherche d'une paix durable entre la RDC et le Rwanda, cacherait en réalité des calculs géostratégiques bien plus larges. C'est la thèse défendue par l'analyste Patrick Mbeko, pour qui Washington regarde avant tout vers Pékin lorsqu'il pose les yeux sur l'Afrique centrale.

Selon lui intervenant lors du Space Live organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, cette lecture trouve son origine dans le tournant stratégique amorcé sous l'administration Obama, avec le fameux « pivot » vers l'Indo-Pacifique, une doctrine qui a durablement façonné la politique étrangère américaine. Depuis lors, l'obsession chinoise traverserait l'ensemble de l'échiquier politique américain, sans distinction entre démocrates et républicains. Une continuité qui, selon l'analyste, expliquerait pourquoi les administrations qui se succèdent à Washington conservent la même grille de lecture face à la Chine, quelle que soit leur couleur politique.

Dans cette perspective, l'attention portée par les États-Unis à la région des Grands Lacs ne s'expliquerait donc pas prioritairement par la volonté de résoudre le conflit entre Kinshasa et Kigali, mais par la nécessité de contenir l'influence chinoise sur le continent africain, notamment dans un secteur aussi stratégique que celui des minerais critiques. Patrick Mbeko nuance toutefois son propos : Washington aurait tout intérêt à voir cette paix se concrétiser, dans la mesure où une région stabilisée faciliterait le déploiement de ses propres intérêts économiques et sécuritaires, notamment ceux liés à l'exploitation et à l'accès aux ressources stratégiques congolaises.