Poursuivant son intervention lors du Space live animé ce samedi par le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala, le député national de Walikale Michel Moto Muhima a élevé le débat constitutionnel au rang d'impératif patriotique, liant directement la révision de la loi fondamentale à la nécessité de mettre fin à trente ans d'agression à l'Est du pays.
Répondant à ceux qui estiment que ce sont les hommes et non les textes qui posent problème, l'élu du Nord-Kivu a utilisé une métaphore mécanique pour illustrer son propos. « Nous avons un moteur qu'on a inventé. Après vingt ans, ce moteur ne marche pas. Qu'est-ce que vous nous proposez ? Qu'on attende les vingt prochaines années ? Inventons un nouveau moteur. Arrangeons ce qui doit être arrangé », a-t-il lancé, faisant de la révision constitutionnelle « une priorité face aux défis sécuritaires, sociaux et économiques ».
Élu d'un territoire en guerre, Michel Moto Muhima a témoigné de la réalité vécue par ses mandants. « Ça fait trente ans que notre pays est sous le joug d'un pays voisin. Ça fait trente ans que nous subissons des atrocités : viols, meurtres, déplacements de populations, ça se chiffre en millions », a-t-il déclaré, avant de conclure : « Pour que ça s'arrête, il faut changer la Constitution. Il nous faut des textes adéquats. »
C'est sur la nature même du texte constitutionnel que le député a porté sa charge la plus forte. Qualifiant la Constitution de 2006 de document rédigé « au sortir d'une guerre où la RDC est sortie à genoux », il a estimé qu'il s'agissait d'« une Constitution de vainqueurs sur les perdants », rappelant le modèle imposé du gouvernement 1+4. « Il nous faut une Constitution écrite par des patriotes, par des Congolais qui veulent que le Congo redevienne le Congo », a-t-il martelé, appelant à doter la République d'un texte fondamental à la hauteur des enjeux souverains du pays.