Le Président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, a exprimé sa vive préoccupation face à la résurgence de l’épidémie du virus Ebola, qui touche plusieurs provinces de la République démocratique du Congo, notamment l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Dans son discours prononcé à l’occasion de la clôture de la session ordinaire de mars 2026, le speaker de la Chambre haute a souligné que cette crise sanitaire intervient dans un contexte déjà marqué par de nombreux défis sécuritaires auxquels le pays est confronté.
C’est dans ce cadre que Sama Lukonde a appelé les populations des zones affectées à observer strictement les mesures sanitaires mises en place par le gouvernement afin de limiter la propagation de la maladie. Il a également exhorté le gouvernement de la République à mobiliser et à mettre à disposition les ressources financières nécessaires pour soutenir les opérations de riposte sur le terrain, en vue de contenir efficacement cette nouvelle épidémie.
" Comme si les défis sécuritaires ne suffisaient pas, notre pays est également confronté à d’importants défis sanitaires. La résurgence de l’épidémie du virus Ebola dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu demeure une source majeure de préoccupation pour toute la nation. À la population des zones affectées, j’adresse un appel pressant à observer scrupuleusement les mesures sanitaires édictées par le gouvernement afin de freiner la propagation de cette épidémie. Au gouvernement, j’exprime mes encouragements à poursuivre sans relâche les efforts de mobilisation des ressources nécessaires pour renforcer les capacités d’intervention des services de santé, améliorer la prise en charge des personnes infectées et intensifier les actions de sensibilisation communautaire ", a déclaré Sama Lukonde Kyenge.
Le Président du Sénat a, par ailleurs, rendu un hommage appuyé aux médecins, infirmiers, chercheurs, agents de santé communautaire et à l’ensemble du personnel médical engagés dans la lutte contre Ebola. Il a salué leur dévouement et leur courage face à cette maladie, souvent au péril de leur vie.
Devant les sénateurs réunis en séance plénière, il a invité l’assemblée à manifester sa reconnaissance à l’endroit de ces acteurs de première ligne par des applaudissements nourris, en signe de soutien et de gratitude de la Nation.
" Je tiens également à rendre un hommage mérité aux médecins, infirmiers, chercheurs, agents de santé communautaires ainsi qu’à l’ensemble du personnel médical qui se trouvent quotidiennement en première ligne dans la lutte contre cette maladie, souvent au péril de leur vie. Leur engagement suscite notre admiration et mérite la reconnaissance de toute la République. À cet égard, je vous invite, Honorables Sénatrices et Sénateurs, chers collègues, à leur rendre hommage par des applaudissements nourris. Enfin, j’en appelle à la solidarité nationale afin que nos compatriotes touchés par cette épreuve bénéficient de toute l’assistance nécessaire et qu’ensemble nous puissions surmonter ce défi sanitaire avec dignité et détermination"a indiqué le président du Sénat Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge.
Le 17 mai 2026, soit deux jours après la déclaration officielle de l'épidémie en République démocratique du Congo, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé l'épidémie d'Ebola causée par le virus Bundibugyo, qui s'est propagé de la RDC vers l'Ouganda, comme une urgence de santé publique de portée internationale (PHEIC).
Selon l'OMS, l'épidémie a connu une expansion géographique importante et son ampleur réelle pourrait être sous-estimée. La situation est notamment aggravée par la forte mobilité des populations, la fragilité des systèmes de santé, l'insuffisance des infrastructures sanitaires ainsi que les difficultés d'accès à certaines zones touchées par les conflits.
À ces défis s'ajoute l'absence, à ce jour, de vaccin homologué et de traitement spécifique contre le virus Bundibugyo. Malgré ce contexte préoccupant, les autorités congolaises demeurent optimistes et s'appuient sur l'expérience acquise lors des seize précédentes épidémies d'Ebola que le pays est parvenu à maîtriser.
Clément MUAMBA