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Beni : après les récentes attaques des ADF à Ngadi, la SOFEPADI alerte sur les conditions de vie précaires de plus de 150 familles autochtones Mbuti

Des habitations incendiées au quartier Boikene lors d'une attaque des ADF

Plus de 150 familles autochtones Mbuti vivent aujourd'hui sans abri dans la ville de Beni, au Nord-Kivu, après avoir fui les attaques meurtrières des ADF en mai dernier au quartier Ngadi. L'alerte est lancée par l'organisation Solidarité féminine pour la paix et le développement intégral (SOFEPADI), qui indique que ces familles ont perdu des proches, leurs habitations ainsi que leurs moyens de subsistance. La plupart ne disposent que de très faibles ressources pour subvenir à leurs besoins essentiels.

En signe de solidarité, la SOFEPADI a procédé à une distribution de vivres, de vêtements et de bâches destinées à la construction d'abris temporaires au profit des familles affectées.

L'organisation souligne toutefois que cette assistance reste largement insuffisante au regard de l'ampleur des besoins. Elle fait état d'un manque d'infrastructures sanitaires, notamment des toilettes et des douches, ainsi que d'une insuffisance de matériel de première nécessité. Les déplacés dorment à même le sol et manquent de casseroles, de bidons pour le stockage de l'eau et d'autres kits ménagers indispensables. Les difficultés d'accès à l'eau constituent également un défi majeur pour ces familles.

La SOFEPADI appelle les autorités, les partenaires humanitaires, les organisations, le secteur privé ainsi que toute personne de bonne volonté à se mobiliser en faveur de cette communauté. Elle sollicite notamment des dons en nourriture, vêtements, couvertures, kits ménagers et matériaux pour les abris afin de répondre aux besoins les plus urgents.

L’attaque meurtrière perpétrée fin mai par les islamistes ADF avait un campement des pygmées à Ngadi, un quartier situé dans la périphérie nord de la ville de Beni, dans la commune de Ruwenzori, en ville de Beni. Selon les informations disponibles, cette attaque avait coûté la vie à plusieurs civils, dont six membres de la communauté Mbuti, dont le célèbre comédien Nzanzu Mangese. Aujourd'hui, plusieurs familles ont alors abandonné leurs habitations pour échapper aux violences.

Réfugiés dans différents sites de la ville de Beni, ces survivants vivent dans une extrême précarité, sans abri permanent ni assistance humanitaire suffisante. Ils restent exposés aux intempéries et à l'insécurité, tandis que les communautés autochtones déplacées en milieu urbain et périurbain bénéficient généralement d'une assistance plus limitée que d'autres catégories de déplacés.

Depuis une dizaine d'années, les villes de Beni, Butembo, Oicha et leurs environs enregistrent une présence croissante des peuples autochtones Batwa. Traditionnellement dépendants de la chasse et de la cueillette dans les forêts du bassin du Congo, de nombreux membres de cette communauté ont quitté leur environnement ancestral pour s'installer en milieu urbain.

Cette migration est liée à plusieurs facteurs, notamment l'expulsion de certaines communautés des aires protégées, l'insécurité persistante dans les zones forestières, les conflits fonciers avec les communautés bantoues ainsi que les difficultés d'accès aux ressources forestières, poussant de nombreuses familles à rechercher d'autres moyens de subsistance.

Josué Mutanava, à Goma