Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont réaffirmé ce dimanche 31 mai 2026 leur engagement commun à lutter contre l’épidémie de maladie à virus Ebola causée par la souche Bundibugyo, à l’issue d’une mission conjointe de haut niveau effectuée à Bunia, chef-lieu de la province de l'Ituri, épicentre de l'épidémie dans l'Est de la République Démocratique du Congo.
Cette mission a été conduite par le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Samuel Roger Kamba, accompagné du ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya Katembwe. Elle intervient également dans le prolongement de la visite du Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. Dans une déclaration commune, les deux parties ont souligné "la solidité de leur partenariat ainsi que leur engagement commun à protéger la santé et le bien-être des populations de la province de l’Ituri et de l’ensemble du pays".
"Cette visite de haut niveau intervient dans un contexte particulièrement préoccupant, alors que le pays fait face à une flambée de la maladie à virus Ebola due à la souche Bundibugyo. Le Ministère de la Santé fait état d'une situation évolutive, avec des cas et des décès signalés dans plusieurs zones de santé des provinces de l'Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Avec l'appui de l'OMS et de l'ensemble des partenaires, le Gouvernement intensifie les activités de surveillance, de diagnostic en laboratoire, de prévention et de contrôle des infections, de prise en charge des patients et de recherche active des cas et des contacts, afin d'interrompre la transmission dans les meilleurs délais", dit le communiqué conjoint.
Dans le même document, la déclaration conjointe rappelle que le gouvernement de la RDC mène avec détermination une riposte nationale coordonnée et multisectorielle, en étroite collaboration avec les autorités provinciales de l’Ituri et des provinces voisines.
L’OMS, aux côtés du système des Nations unies, d’Africa CDC ainsi que des partenaires sanitaires et humanitaires, demeure pleinement mobilisée pour soutenir ces efforts. Ensemble, souligne la déclaration, les autorités congolaises et leurs partenaires œuvrent au renforcement de la coordination opérationnelle, à la mobilisation accrue des ressources et à l’acheminement rapide et équitable des interventions vitales en faveur des communautés affectées.
"Au cœur de cette riposte se trouve la reconnaissance du rôle essentiel des communautés dans la maîtrise de l'épidémie. Le succès des interventions dépendra de la confiance, de l'engagement et du leadership des communautés locales. Les autorités nationales et provinciales, avec l'appui de l'OMS et des partenaires, intensifient le dialogue avec les leaders communautaires, les organisations de femmes et de jeunes, les responsables religieux ainsi que le secteur privé, afin de mieux comprendre les préoccupations des populations et de co-construire des solutions culturellement adaptées, inclusives et efficaces", souligne la déclaration conjointe du gouvernement et de l'OMS.
En date du 15 mai 2026, une épidémie d’Ebola a été confirmée dans la province de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo. L’OMS a déclaré cette épidémie comme une urgence de santé publique de portée internationale. Il s’agit d’une souche rare du virus pour laquelle il n’existe ni vaccin homologué ni traitement spécifique.
Les conflits, les importants mouvements de population ainsi que la faiblesse du contrôle gouvernemental rendent difficiles le traçage des contacts et les efforts de riposte, tout en augmentant le risque de propagation à d’autres régions du pays et aux pays voisins. La grave situation humanitaire dans la région, où plus de 26 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, accroît davantage leur vulnérabilité. La malnutrition, les déplacements de population et la fragilité des services de santé contribuent à un risque élevé d’infection et de mortalité.
Clément MUAMBA