La ville de Lukala a vibré au rythme du Festival de Lukala (FESLUK), une première édition de cette manifestation culturelle et littéraire de cette contrée de la province du Kongo-Central. Tenue jeudi 30 avril dernier, au Lycée Lukala, l’activité a réuni près de 10 écoles et environ 1 000 élèves autour des concours, de la musique, la danse, des conférences et bien d’autres.
La ville de Lukala, n’étant pas densément peuplée, l’activité est une des premières pour les jeunes et enfants, même les adultes. Pendant toute la journée, les festivaliers ont été tenus en haleine pour fêter en même temps la journée nationale des enseignants. Les professeurs et élèves n’ont pas manqué d’exprimer leur satisfaction.
Une première, mais pas une dernière, mais aussi une activité qui rentre dans la logique de celles organisées déjà récemment sur place.
« Je le dis avec responsabilité que Lukala n’avait jamais connu un événement éducatif de cette ampleur. Ce qui fait la particularité du FESLUK, ce n’est pas seulement l’événement en lui-même, mais la vision qu’il porte. Nous avons réuni plusieurs écoles autour d’un même idéal pour célébrer l’intelligence, valoriser le savoir et redonner aux élèves le goût de l’excellence. C’est une première parce que, pour une fois, l’éducation est devenue un spectacle noble, visible, et valorisé publiquement », souligne Joyeux Ngoma, initiateur du FESLUK.
Et d’ajouter :
« C’est une suite logique qui change d’échelle. Pendant longtemps, il y a eu des initiatives isolées, discrètes, parfois même invisibles. Le FESLUK vient transformer cette énergie dispersée en une dynamique collective forte. Nous n’avons pas inventé l’engagement des écoles, nous l’avons structuré, amplifié et rendu visible ».
Des concours pour jauger le niveau des élèves

Au total, 6 écoles ont pris part à 3 concours. D’un côté le génie en herbe a opposé 3 écoles par groupe, les meilleures - le Complexe Scolaire Nzita et l’Institut Kasa-Vubu - se sont retrouvées en finale. Trois élèves ont constitué chaque équipe, répondant avec rapidité aux questions de culture générale posées. Elles ont notamment tourné sur la RDC, son histoire, sa géographie, ses personnalités publiques etc.
A l’issue de l’ultime match, le Complexe scolaire Nzita a fini par s’imposer, remportant en cette édition, le droit de se rendre à Kinshasa pour le concours national. Elle devra ainsi représenter Lukala. Par ailleurs, les trois joueurs ayant remporté le concours ont bénéficié d’une prise en charge des frais scolaires de la part des organisateurs du Festival de Lukala.
D’un autre côté, un concours a mis à l’épreuve 6 autres élèves pour une dictée. Il s’est agi de reproduire avec le moins de fautes par rapport aux autres concurrents les phrases dictées à haute voix en français pour être sacrée champion. Au terme de ce concours, l’élève Buana du Lycée Lukala a fini première, remportant l’édition et le droit de bénéficier des frais scolaires pris en charge par les organisateurs et partenaires du Festival.
Le troisième concours a opposé 6 autres élèves pour l’épreuve de conjugaison. Il s’est agi de conjuguer quelques verbes en français selon le temps, le mode et la personne demandée, et cela, en public. Entre stress de tout oublier et détermination de tout remporter, l’élève du Lycée Lukala, Mantandu, a fini à la première position. Ses frais scolaires sont aussi pris en charge.
« Nous avons voulu former des esprits solides avant de produire des diplômes. Le génie en herbe développe la réflexion, la rapidité et la culture générale. La dictée et la conjugaison réhabilitent la rigueur de la langue française, qui est un outil de pouvoir intellectuel », explique un organisateur.
Fesluk : une fête avant tout !

A côté des activités purement intellectuelles, la musique et la danse a largement accompagné les participants. Les élèves talentueux dans ces domaines ont, en plus des professionnels, proposé des prestations aux participants. Balais, rap, danse, chant, même des poèmes, ont été présents tout au long de la journée culturelle. Une trentaine d’élèves ont presté, démontrant le talent de la jeunesse de Lukala et l’amour pour l’art dans cette partie de la RDC.
« Au-delà de la simple mise en avant des talents, il s’agit d’une vision plus profonde. Nous voulons rappeler que l’école ne doit pas seulement former des têtes pleines, mais aussi des personnalités complètes. La danse et la musique permettent aux élèves de s’exprimer autrement, de prendre confiance en eux et de révéler une autre forme d’intelligence artistique et émotionnelle », affirme l’équipe organisatrice.
Les professionnels ont également proposé des spectacles pour clôturer les festivités. Une performance artistique a largement ébloui le public qui s’est emporté dans les va et vient, les tours de magie et la couleur de la peau ébène de par la matière qu’il a appliquée.
Le grand concert de fin a été assuré par le chanteur urbain Mobutu Satana qui a su captiver les élèves quelques trente minutes avant la tombée de la nuit. L’ensemble de ces festivités a laissé les élèves avec un goût, les rendant prêt à refaire l’expérience d’ici la fin de l’année académique.
Le plan des organisateurs est de mieux structurer et revenir mieux que la précédente édition.
« Après cette première édition, il faut s’attendre à une montée en puissance. Nous travaillons déjà sur une édition encore plus structurée, plus inclusive et plus ambitieuse, avec davantage d’écoles, de disciplines et de partenaires. Une annonce importante vous sera bientôt communiquée », annonce Joyeux Ngoma.
Ramener les jeunes à la littérature

Le Festival de Lukala est une activité à vocation culturelle et littéraire qui réunit les élèves de cette ville du Kongo-Central et bien plus. Il est porté par le Cercle du savoir et l’écrivain Joyeux Ngoma qui en est l’initiateur. Fort de ses racines dans la province, il compte donner le meilleur de lui et de ses capacités culturelles pour sa contrée et ses jeunes qui en constituent l’avenir.
« La première édition était une fondation, la deuxième sera une expansion. Nous voulons ouvrir le festival à d’autres formes d’expression telles que l’écriture, l’art oratoire, le théâtre, la poésie… », promet l’écrivain Joyeux Ngoma.
Un autre objectif est de ramener la jeunesse à la littérature, cela en passant par ce qui les intéresse actuellement. D’où Joyeux Ngoma à parlé de son ouvrage "Le silence de l’âme" au cours d’une mini conférence et à présenté ses trophées remportés jusqu’ici dans ses activités littéraires.
Un autre moment fort a été celui de la remise des brevets aux enseignants du Lycée Lukala qui ont un certain nombre d’années d’expérience d’enseignement dans cette école qui a été pendant quelques années celle de l’écrivain Joyeux Ngoma. Une façon de les honorer pour leur travail de formation des jeunes.
Kuzamba Mbuangu, à Lukala