Le débat sur le changement/révision de la Constitution de 2006, a désormais transcendé la sphère politique jusqu’à s'importer au sein des églises en République démocratique du Congo. À Kinshasa, des hommes de Dieu de renom se prononcent clairement pour le changement à la place de la révision, comme la loi fondamentale le veut bien.
Réunis en grand nombre au Fleuve Congo hôtel, à Kinshasa, des pasteurs des églises de Réveil, dont Godé Mpoy, Ejiba Ya Mampia, Leopold Mutombo Kalombo, Pascal Mikuna et autres, ont pris la parole pour soutenir leur position, qui apporte de l’eau au moulin au régime de Félix Tshisekedi.
Responsable de l’une de plus grandes églises de la capitale : Ministère Amen, l’apôtre Leopold Mutombo Kalombo, très effacé dans des questions politiques, a puisé dans l’histoire de quelques grandes nations pour asseoir sa conviction de changement de la Constitution, qu’il pointe comme la cause de tous les maux que la RDC a connus.
« Dans l’histoire des nations, toutes les Constitutions ont été à un certain moment revues, retouchées ou carrément mises de côté. Ceux qui lisent l’histoire grandes nations connaissent. Un analyse objectif peut comprendre que tous les problèmes qu’a connus cette nation, surtout au cours de cette dernière décennie, ont été favorisés, malheureusement, par cette Constitution que beaucoup ne connaissent pas encore», a-t-il déclaré.
Et d’ajouter :
"ayons le courage de faire table rase, et que tout le monde ait les yeux regardants sur les choses et sur le choix à opérer sur la Constitution. Nous sommes partant, et voulons que la Constitution soit, non seulement revue parce qu’on n’en connaît pas tout le contenu… Nous, nous sommes favorable au changement de la Constitution et non à la révision».
Pasteur de l’église Image de l’Eternel, Godet Mpoy a décelé quelques écueils que comporte la Constitution promulguée par Joseph Kabila. Il estime qu’il n’existe nulle part au monde un pays dont la Constitution confère plus de pouvoir au premier ministre qu’au Président de la République. Cas de la RDC, qu’il a démontré avec plusieurs exemples à l’appui, jusqu’à arriver à la conclusion selon laquelle : « Le papa président auquel tout le monde fait appel en cas de problème, est incompétent constitutionnellement».
Dans son exposé assorti des leçons de management et de l’économie, le professeur Godet Mpoy a établi un parallélisme entre un programme, un plan et un budget, c’est pour appuyer sa thèse du prolongement des mandats. Il souligne que dans les 5 ans en RDC, le président ne travaille en réalité que pendant 3 ans, la première et la dernière années consacrées respectivement aux conciliabules et aux élections.
« Dans les 5 ans de mandats, en réalité vous ne travaillez que pendant 3 ans ; parce que dans la première année vous êtes dans le conciliabules, faut la majorité, ça va vous prendre une année. Et dès que vous essayez de vous réchauffer, les gens de la CENI à vous réclamer l’argent pour les prochaines élections», explique le député national.
Et de renchérir :
"Aujourd’hui sur le plan empirique il est démontré que les pays où les présidents font de longs mandats sont stables. C’est la Chine, la Russie, et j’en passe le meilleur»
Le président de la Plateforme des confessions religieuses et des Églises de Réveil, initiateur de cette réunion entre hommes de Dieu, a repris les mots du professeurs Banyaku, d’après qui, l’actuelle Constitution, présentée comme celle des belligérants, ne comporte en son sein aucune disposition dite verrouillée. Pour lui, il n’est pas important d’aller de révision en révision, mais de la changer carrément, insinuant qu’elle n’avait pas obtenu l’avis du peuple, en 2006.
Il a indiqué que tous les hommes de Dieu étaient présents à ce forum, étaient tombés d’accord pour une coalition avec la société civile, afin de définir un message à lancer au peuple, auquel il sied de révéler que l’actuelle Constitution visait à résoudre la crise d’antan, qu’il faille désormais tabler sur une nouvelle loi fondamentale axée sur le développement de la République démocratique du Congo.
Mais alors que l’opposition et l’église catholique font barrage à cette aspiration du régime de Kinshasa, l’Assemblée nationale venait de juger recevable une proposition de loi organisant le référendum au pays. D’après quelques opposants, l’Assemblée nationale joue désormais le rôle clé dans «l’exécution de la démocratie » et « la liquidation des institutions » en vue d’offrir un troisième mandat au Président Tshisekedi, dont le deuxième et dernier mandat expire en décembre 2028 prochain.
Samyr LUKOMBO