Le dossier FDLR : "une priorité pour la MONUSCO", selon James Swan, qui encourage le gouvernement à poursuivre ses efforts pour une solution durable

James Swan arrivé à Goma
James Swan arrivé à Goma

Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et chef de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), James Swan, poursuit sa visite de terrain dans l'est de la RDC ce samedi 25 avril. Après une rencontre, un jour plus tôt, avec les autorités de l’AFC/M23, il s’est rendu à Mubambiro, un camp de concentration des ex-combattants et miliciens, situé à une vingtaine de kilomètres de Goma, dans la province du Nord-Kivu. 

Dans le cadre de son mandat, tel que prorogé par la résolution 2808 du Conseil de sécurité, il a réaffirmé l’engagement de la MONUSCO à accompagner les processus de paix en cours. Il a également souligné que la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) demeure une priorité pour la MONUSCO et pour la communauté internationale. À cet effet, il a encouragé les autorités congolaises à poursuivre leurs efforts afin de trouver des solutions durables à cette problématique, souvent à l’origine des tensions récurrentes entre Kinshasa et Kigali.

" La question du départ des FDLR de la brousse et du rapatriement de ceux qui sont prêts à retourner dans leur propre pays, je voudrais souligner en effet que cette question, le dossier FDLR reste une priorité pour la MONUSCO, pour la communauté internationale, c'est souligner dans les résolutions du Conseil de sécurité, on ne peut pas oublier l'importance de ce dossier FDLR et je remercie encore une fois nos collègues, les partenaires ici, les partenaires congolais de continuer à travailler pour qu'on réalise les objectifs de trouver des solutions pour les FDLR ", a-t-il déclaré devant la presse. 

Selon James Swan, la reddition d’un milicien ou d’un combattant constitue un pas vers le processus de paix. Il a ajouté qu’il en est de même pour chaque communauté bénéficiant d’un accompagnement et d’un soutien. Il a, par ailleurs, réaffirmé l’engagement de la MONUSCO à réduire la menace des groupes armés et à assurer la protection des populations civiles.

" Le message qui ressort de Mubambiro où nous sommes actuellement, le message est très clair, chaque ex combattant qui renonce à la lutte armée représente un pas de plus loin de la violence et chaque communauté qui reçoit un soutien concret représente un pas de plus vers la paix. La MONUSCO continuera d'appuyer les efforts visant à réduire la menace causée par les groupes armés,  à protéger les civils et à créer les conditions d’un avenir plus stable et pacifique dans l’Est de la RDC ", a rassuré le représentant du SG de l'ONU en RDC.

Par ailleurs, James Swan est revenu sur les souffrances et les difficultés liées à la vie dans la brousse. Il a salué les efforts de ceux qui répondent aux actions de sensibilisation en acceptant de quitter les groupes armés pour reprendre une vie normale.

" J’ai été ému de voir ces enfants, qu'on a eu l'opportunité d'interviewer quelques ex combattants des femmes, des enfants, évidemment les situations dans la brousse sont vraiment néfastes, difficiles, pénibles pour ces êtres humains et maintenant en quittant la brousse, en acceptant suite à la sensibilisation, un retour à leur pays évidemment ça leur donne l'opportunité pour avenir meilleur pour eux, pour leurs enfants et évidemment c'est quelque chose à encourager de tout coeur ", a ajouté le chef de la MONUSCO.

Les FDLR constituent, pour Kigali, une menace existentielle. En revanche, pour Kinshasa, elles ne représentent plus une menace majeure, mais plutôt un prétexte à l’intervention militaire rwandaise dans l’est de la RDC, notamment dans un contexte de convoitise des ressources naturelles. Impliquées dans le génocide des Tutsis au Rwanda, les FDLR opèrent principalement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

La « neutralisation des FDLR » constitue l’une des principales dispositions de l’accord de paix de Washington, conclu sous l’égide de l’administration de Donald Trump entre la RDC et le Rwanda. Cet accord prévoit que Kinshasa neutralise les FDLR et mette fin à tout soutien à ce groupe, tandis que le Rwanda doit désengager ses troupes du territoire congolais et cesser son appui aux rebelles de l’AFC/M23. Chaque partie interprète ces engagements à sa manière et cette divergence de lecture a jusqu’à présent empêché la mise en œuvre effective de l’accord, malgré plusieurs réunions n’ayant débouché sur aucun résultat concret sur le terrain.

Clément MUAMBA