Goma : un homme tué dans une justice populaire sur fond de rumeurs de vol d’organes génitaux

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Un homme a été tué dans un nouveau cas de justice populaire dans la ville de Goma. Selon plusieurs sources, l’incident s’est produit dans le quartier Ndosho, à Nyabushongo, au lieu-dit Bibunga, en commune de Karisimbi, à la limite avec le territoire de Nyiragongo.

D’après plusieurs témoignages, la victime a été violemment prise à partie par une foule en colère qui l’accusait d’avoir fait disparaître l’appareil génital d’un autre homme. Emportés par la rumeur et la colère populaire, les habitants l’ont lapidé jusqu’à entraîner sa mort.

Cet incident survient dans un climat de psychose alimenté par des allégations persistantes faisant état de supposés cas de vols d’organes génitaux dans la ville. Des accusations que les autorités locales qualifient toutefois d’infondées, affirmant qu’aucune preuve tangible ne vient étayer ces rumeurs.

Le maire de la ville de Goma, issu de la rébellion de l’AFC/M23, Désiré Kisuba Ngabo, a condamné avec fermeté cet énième cas de justice populaire à travers un communiqué et a rappelé le principe fondamental selon lequel nul ne peut se rendre justice soi-même. Il met en garde contre les conséquences graves de la désinformation, susceptible de conduire à des pertes en vies humaines innocentes.

Pour rappel, neuf personnes récemment interpellées dans le cadre d’affaires similaires ont été libérées après 72 heures de détention. Certaines étaient soupçonnées d’implication dans ces prétendus faits, tandis que d’autres se déclaraient victimes. Après vérifications, aucune charge n’a été retenue contre elles.

Face à la propagation rapide de ces rumeurs, les autorités appellent la population au calme, à la retenue et à la vigilance. Le maire de la ville de Goma invite les habitants à s’en remettre aux services compétents pour toute enquête, afin de prévenir de nouveaux incidents liés à la désinformation. Il met également en garde toute personne qui se retrouverait à paniquer la population sur cette situation et appelle à dénoncer tout cas suspect, tout en évitant de se faire justice soi-même.

Josué Mutanava, à Goma