152ᵉ Assemblée de l’UIP: Sama Lukonde recadre Kigali sur son implication dans la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC

Photo d'illustration
Jean-Michel Sama Lukonde, Président du Sénat Congolais

Les deux chambres du Parlement de la République démocratique du Congo, à savoir l’Assemblée nationale et le Sénat, prennent part du 15 au 19 avril 2026 aux travaux de la 152ᵉ Assemblée de l’Union interparlementaire (UIP) à Istanbul, en Turquie, autour du thème général : "Cultiver l’espoir, consolider la paix et assurer la justice pour les générations futures". Dans un contexte marqué par des conflits persistants et leurs graves conséquences humanitaires au Moyen-Orient et ailleurs, cette Assemblée statutaire offre, selon les organisateurs, à des centaines de législateurs l’occasion de mener un dialogue parlementaire et une action diplomatique visant à promouvoir des solutions pacifiques pour les populations qu’ils représentent.

À cette occasion, rapporte la cellule de communication du Sénat, le président du Sénat congolais, Jean-Michel Sama Lukonde, a fermement démenti les allégations de la représentante du Rwanda à ces assises, selon lesquelles les massacres et la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo seraient une affaire purement interne. Selon l'ancien premier ministre congolais Sama Lukonde, cette lecture occulte l’implication du Rwanda, impliqué à plusieurs niveaux dans ce conflit qui dure depuis plus de 30 ans et a déjà fait plus de 10 millions de morts sur le territoire congolais.

S’exprimant dans le cadre des débats de cette session tenue ce vendredi 17 avril, le président du Sénat de la RDC Jean-Michel Sama Lukonde a estimé que l’action parlementaire doit reposer sur la vérité et le respect des engagements internationaux, rejetant toute tentative de minimisation du rôle des acteurs extérieurs.

"Nous tenons pour notre part, à partager avec vous trois faits incontestables : 1. La Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée le 21 février 2025, exige le retrait sans conditions préalables des forces rwandaises du territoire de la RDC et la cessation de leur soutien à l’AFC/M23 ; 2. Lors de la 151ᵉ Assemblée tenue à Genève en octobre dernier, nous avons salué la mission conduite par le Secrétaire général de l’Union interparlementaire en République démocratique du Congo et au Rwanda, en vue de promouvoir la paix. 3. L’Accords de paix de Washington du 2 juin 2025, conclu entre la RDC et le Rwanda sous la médiation des États-Unis d’Amérique", a déclaré Jean-Michel Sama Lukonde du haut de la Tribune pour recadrer la Représentante rwandaise.

Pour le président du Sénat congolais, le Rwanda ne pourrait donc se dédouaner de son implication dans la situation sécuritaire déplorable dans l’Est de la RDC alors qu’il est cité, impliqué à tous les niveaux des processus engagés et même sanctionné par plusieurs instances.

 "Il devrait par contre respecter ses engagements plutôt qu’utiliser les FDLR comme prétexte de la violation de l’intégrité territoriale de la RDC", a renchéri Sama Lukonde.

Revenant sur la thématique de cette 152ᵉ Assemblée de l’UIP, intitulée "Cultiver l’espoir, consolider la paix et assurer la justice pour les générations futures", le président du Sénat congolais, Sama Lukonde, a indiqué qu’elle oblige chaque parlement à agir avec responsabilité.

"Si nous voulons léguer aux générations futures un monde plus pacifique, plus juste et durable, c’est maintenant que nous devons agir. C’est ainsi que le Parlement de la RDC s’engage dans l’accompagnement des processus de paix menés par le Gouvernement sous la houlette de Son Excellence Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République, notamment l’Accord de Washington signé entre le Rwanda et la RDC pour mettre fin à l’instabilité chronique dans sa partie Est alimentée par l’exploitation illicite des ressources naturelles", a-t-il souligné lors de son intervention

De l'avis de Sama Lukonde, l'Union interparlementaire demeure le lieu où les parlements du monde unissent leurs voix pour la paix, la justice et la diplomatie parlementaire, un outil pour transformer les espoirs en solutions concrètes. Ainsi, il a salué le vote du point d’urgence sur la nécessité de mener des efforts parlementaires concertés pour préserver les cessez-le-feu et soutenir la consolidation de la paix. Tous les pays membres de l’UIP devraient, dès lors, selon le président du Sénat, s’impliquer dans sa mise en œuvre.

Pour ce qui est de la RDC, l’étape à laquelle nous sommes arrivés et pour laquelle nous continuons à solliciter l’appui de l’Union Interparlementaire, a-t-il dit, est celle de la mise en œuvre des processus de paix engagés. Ils représentent non seulement une chance de faire taire les armes, mais aussi une opportunité historique de bâtir une prospérité régionale durable, selon le président du Sénat Sama Lukonde.

L’UIP est l’organisation mondiale des parlements nationaux. Elle a été fondée en 1889 pour encourager la coopération et le dialogue entre toutes les nations, en tant que première organisation politique multilatérale. Elle compte aujourd’hui 183 parlements membres et 15 organismes parlementaires régionaux. Elle œuvre pour la paix, la démocratie et le développement durable, et aide les parlements à se renforcer, à se renouveler, à être plus écologiques, à progresser vers la parité hommes-femmes et à devenir des institutions plus innovantes. Elle défend également les droits de l’homme des parlementaires par le biais d’un comité spécialisé, composé de parlementaires issus de toutes les régions du monde.

Clément MUAMBA