Dans la commune de Limete, les passerelles des piétons suspendus à trois endroits, coupant le boulevard Lumumba en horizontal, censées faciliter le trafic routier au sol et assurer la sécurité des passants, deviennent parfois des zones de banditisme et de délinquance. Entre agression et vols à répétition, les usagers se voient obligés de se passer de cet instrument et se confronter au danger du passage à pied entre les véhicules à vive allure sur plus de 10 bandes aller et retour.
Cette pratique constitue un grave danger pour la population car elle occasionne des incidents et accidents mortels, lorsque les chauffeurs sont impatients.
« Les gens ne traversent plus par la passerelle à cause des bandits qui tracassent, ils préfèrent traverser sur la route pour les éviter. Ça ne m’est jamais arrivé mais je vends ici et je vois comment ça se passe au-dessus, comment ils dérangent les élèves et les jeunes passants », témoigne une vendeuse des environs.
Les habitants contraints de traverser vers l’autre rive chaque jour pour vaquer à leurs occupations se voient dans l’insécurité et ceux à mobilité réduite prennent ce risque quotidiennement.
« Je revenais de l’école avec des amis, lorsque sur la passerelle un groupe de 3 jeunes garçons nous a bloqués le passage en nous demandant de l’argent avec des lames de rasoir en main pour nous intimider », explique un écolier.
Et un cambiste de la place explique que la traversée du macadam constitue aussi un autre danger pour la population qui est prise entre le marteau et l’enclume.
« Il y a aussi le côté moral de nous, la population, on a fait cette passerelle en connaissance des causes mais le fait de négliger ça c’est nous mettre en danger nous-même », dit-il.
La Police nationale, de son côté, fait son maximum pour assurer la protection des cibles les plus vulnérables de ces bandits
« Aux heures de pointes comme 13h et 17h lorsque les élèves sortent, nous nous positionnons là dessus pour les protéger comme nous le demande l’Etat congolais », explique un agent de police de proximité.
Il précise également que ces individus se postent souvent en dessous des passerelles, parfois déguisés en chargeurs de bus, et qu’ils sont régulièrement chassés, même si le phénomène persiste.
Un autre policier souligne qu’il serait nécessaire de mettre en place un service permanent chargé d’assurer le suivi et la surveillance des passerelles, afin de garantir la sécurité de la population.
L’insécurité à Kinshasa apparaît comme une problématique croissante et multidimensionnelle, marquée par une recrudescence des actes de délinquance, des troubles à l’ordre public et une occupation anarchique de l’espace urbain.
Face à ces défis, les autorités provinciales envisagent une réponse basée sur le renforcement des dispositifs sécuritaires et une meilleure collaboration entre les différents acteurs institutionnels et communautaires. L’augmentation des effectifs et des moyens logistiques des forces de l’ordre, combinée à des mesures d’assainissement et de régulation de l’espace public, vise à restaurer l’ordre et la tranquillité.
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Lina Muyumba, stagiaire UCC