Arrivée des migrants expulsés des USA : pour le député national Joseph Bangakya, « aucun criminel ne viendra, la RDC vérifie dossier par dossier avant d’accorder le feu vert »

Joseph Bangakya
Joseph Bangakya

Le député national et président des élus du groupe d’amitié RDC-USA, Joseph Bangakya, a salué la mise œuvre de la première phase opérationnelle du nouvel accord signé entre Kinshasa et Washington sur l’accueil des migrants expulsés du sol américain dans la capitale congolaise, et a coupé l’herbe sous le pied d’une éventuelle venue des criminels, que l’opinion publique redoute. 

Dans une interview que cet élu a accordée à ACTUALITÉ.CD, il révèle que la RDC procède à la vérification de chaque dossier avant de donner son feu vert, ce, pour éviter l’accueil, à Kinshasa, des migrants expulsés pour des raisons de criminalité.

« Les gens doivent comprendre qu’il n’y aucun criminel qui viendra, car la RDC vérifie dossier par dossier avant d’accorder le feu vert. Ils seront logés dans de bonnes conditions,  et c’est pour un délai, parce que leur vocation est de retourner dans leurs pays d’origine », rassure Joseph Bangakya.

Le Président des élus du groupe d’amitié RDC-USA a vanté un nouvel acte de Kinshasa, qui réchauffe sa collaboration avec les États-Unis, ce dont la RDC a tant besoin, soulignant, par ailleurs, que les récents accords entre les deux pays ont notamment permis de faire bouger les lignes au sein du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, qui a par la suite pris la résolution 2773 obligeant entre autres le Rwanda à retirer ses troupes du territoire congolais.

« Nous revendiquons que le dispositif temporaire d’accueil des migrants venus des États-Unis,  participe au renforcement de la collaboration entre les USA et la RDC,  qui en a besoin, bien entendu. Depuis que nous avons fait cette manœuvre diplomatique avec les États-Unis, les choses bougent. Quand on entendait de l’ONU d’être des partenaires, c’était des déclarations,  et rien ne bougeait », a-t-il ajouté à ACTUALITÉ.CD.

Dans la mise en œuvre de la première phase opérationnelle de ce nouvel accord, un premier contingent composé de 15 personnes était arrivé vendredi à Kinshasa pour « un court séjour » conformément à la législation nationale relative à l’entrée et au séjour des étrangers, ainsi que des engagements internationaux librement souscrits par la RDC, avait déclaré le gouvernement.

Il avait également précisé l’opinion qu’il  ne sera nullement question d’un mécanisme d’installation durable à Kinshasa, ni d'une quelconque relocalisation permanente, mais plutôt d’un dispositif revêtant un caractère strictement transitoire, temporaire et limité dans le temps. Cependant, le nombre exact de migrants expulsés à accueillir reste flou, ni les pays d'origine de ces personnes déjà à Kinshasa. 

Ce nouvel accord conclu avec les USA fait néanmoins jaser l’opposition, la société civile ainsi que les organisations des droits de l’homme. Ils redoutent la réédite des événements de 1994, dans l’est de la RDC, lorsque le gouvernement congolais avait décidé d’ouvrir la frontière aux Tutsis pourchassés par les Hutus lors du génocide rwandais, hospitalité qui a occasionné plusieurs morts parmi les Congolais du Kivu.

Samyr LUKOMBO