Haut-Katanga : Nkonga, village meurtri de Mitwaba, entre maisons brûlées et espoir de retour, les cicatrices d’une attaque encore visibles

Carte MAP de Mitwaba
Carte MAP de Mitwaba

Dans le territoire de Mitwaba, longtemps secoué par l’activisme des groupes armés, une accalmie relative s’installe dans le village Nkonga. Mais derrière l’annonce de sa sécurisation, les stigmates de l’insécurité restent profondément ancrés.
Un territoire marqué par la menace des groupes armés. 

Depuis plusieurs mois, le territoire de Mitwaba vit au rythme des incursions des miliciens Maï-Maï, dont certains groupes se réclament de la rébellion de l'AFC/M23. Une situation qui a contribué à installer un climat de peur, poussant des centaines de familles à abandonner leurs villages, fuyant les incursions.

L’attaque du 20 mars dernier contre Nkonga a fait vider le village. Ce jour-là, des miliciens ont semé la panique, avec comme conséquences, l'incendie des habitations et pillage des biens, provoquant un déplacement massif des habitants vers des zones jugées plus sûres, à la suite de l'intervention armée pour reprendre le contrôle de l'entité, située à moins de 35 kilomètres de Mitwaba centre.

Les FARDC en première ligne pour restaurer l’autorité de l’État

Face à cette situation, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont intensifié leurs opérations dans la région, notamment à travers l’opération « Mazingira Bora ». Leur déploiement progressif a permis de reprendre le contrôle de Nkonga et de plusieurs zones stratégiques aux alentours.

En visite sur le terrain vendredi 17 avril 2026, le gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Martin Kazembe, a tenu à saluer l’engagement des militaires.

« Nous sommes venus encourager nos militaires qui se battent jour et nuit pour la stabilité de cette partie du territoire. Leur travail est déterminant pour le retour de la paix », a-t-il déclaré.

Malgré cette présence renforcée, les autorités reconnaissent que la vigilance reste de mise, en raison de la mobilité des groupes armés dans cette zone à cheval entre plusieurs territoires.

Un village déserté, des blessures encore visibles

À Nkonga, les traces des violences sont encore visibles : maisons calcinées, biens abandonnés, silence pesant. La majorité des habitants n’a pas encore regagné le village, préférant attendre des garanties sécuritaires plus solides. Ce qui vient témoigner la fragilité de la situation, même après le retour de l’armée. La peur de nouvelles attaques demeure, alimentée par les précédents récents dans d’autres localités du territoire.

Un appel pressant au retour des populations

Bien que la situation soit encore fragile, les autorités provinciales encouragent le retour des populations déplacées, estimant que les conditions sécuritaires s’améliorent progressivement.

« Nous lançons un appel aux habitants de Nkonga de regagner leurs habitations. La sécurité est assurée. Mais elle sera d’autant plus efficace si chacun collabore avec les services de sécurité », a insisté Martin Kazembe.

Cet appel s’adresse également aux communautés environnantes, invitées à jouer un rôle actif dans la stabilisation de la zone, notamment en signalant tout mouvement suspect.

Entre prudence et reconstruction
Si le retour de l’autorité de l’État à Nkonga constitue un signal encourageant, la reconstruction du tissu social et économique reste un défi majeur. Le retour des habitants sera déterminant pour redonner vie à ce village meurtri.

Dans cette partie du Haut-Katanga, la paix apparaît encore fragile, suspendue à la capacité des forces de sécurité à contenir durablement les groupes armés et à restaurer la confiance des populations.

À Mitwaba, le chemin vers la stabilité est engagé, mais il reste semé d’incertitudes.

José Mukendi