L’Organisation internationale des droits de l’homme, Human Rights Watch, a publié un nouveau rapport mettant en lumière des actes de violation des droits de l’homme que continuent de perpétrer le groupe armé d’autodéfense Twiwraneho dans les hauts plateaux de Fizi au Sud-Kivu.
Dans ce rapport consulté par ACTUALITÉ.CD, HRW signale des menaces que subissent des familles, et dont des membres sont enrôlés de force par ces miliciens en connivence avec les rebelles de l’AFC/M23. Il souligne que Twiwraneho exige, par ailleurs, un combattant par famille, sinon une compensation financière, et que des représailles ciblent ceux qui refusent de s’exécuter.
« Le Twirwaneho a menacé et enrôlé de force des civils dans les Hauts Plateaux. Des habitants de Minembwe ainsi que des sources onusiennes et diplomatiques ont déclaré que le Twirwaneho avait contraint des familles à fournir un combattant ou à verser une compensation financière au groupe armé, et qu’ils exerçaient des représailles en cas de refus. Selon ces sources, le Twirwaneho aurait également empêché les civils de quitter Minembwe, malgré les attaques en cours dans la région, afin de se protéger contre les attaques et de renforcer son image de groupe de défense locale », indique le document.
L’Organisation non gouvernementale internationale alerte aussi que la localité de Minembwe, conquise depuis un an déjà par l'AFC/M23, reste encerclée par les forces congolaises et leurs alliés, et que des combats en cours dans la région entravent fortement l’acheminement de l’aide humanitaire, et aggravent en même temps les pénuries alimentaires dans la ville, d’autant plus qu’ils empêchent l’accès des organisations humanitaires.
D’autres corollaires de cette crise se sentent dans les établissements médicaux, frappés de plein fouet par une grave pénurie de médicaments et produits de première nécessité. «Le manque de produits de base tels que le sucre et le sel a poussé les prix à la hausse, qui sont désormais cinq fois plus élevés que dans d’autres villes du Sud-Kivu», explique Human Rights Watch.
Cette situation, en effet, n’a épargné des zones sous contrôle des forces gouvernementales, où la pénurie des médicaments et des produits est également palpable, d’après des sources humanitaires.
LeTwiwraneho-défendons-nous en Kinyarwanda-, créé entre 2019 et 2020 pour « protéger les villages de Banyamulenge contre les attaques d’autres groupes armés locaux, est depuis actif dans Hauts plateaux d'Uvira, Fizi et Mwenga, dans la province du Sud-Kivu. Pointé d’être en collision avec l’AFC/M23, Twiwraneho a été structuré et militarisé par Michel Rukunda, alias Makanika, déserteur des FARDC dont il était commandant adjoint à Walikale. Il a été tué dans une frappe de drone de l'armée congolaise à Fizi, au mois de février 2025.
En mars dernier, Le ministre de la justice et garde des sceaux, Guillaume Ngefa, avait procédé à la remise en liberté de quatorze (14) combattants Twiraneho, qui s’étaient rendus volontairement à l’armée congolaise lors des combats pour le contrôle de la ville d’Uvira au Sud-Kivu, en décembre dernier.
Samyr LUKOMBO