Une nouvelle session de négociations entre la rébellion de l’AFC/M23 et le gouvernement de la République démocratique du Congo s’ouvrira la semaine prochaine, soit à la mi-avril 2026, en Suisse. Cette rencontre est convoquée par les États-Unis et le Qatar, selon un rapport publié en avril 2026 par le Congo Research Group (CRG) et le Center on International Cooperation (CIC) de l’Université de New York. Le processus habituellement conduit à Doha et chargé de la gestion de la crise entre Kinshasa et ce mouvement rebelle soutenu par le Rwanda, a été délocalisé en raison du conflit dans le Golfe.
À la veille de ce rendez-vous censé contribuer à la résolution de la crise entre les deux parties, la rébellion de l’AFC/M23 confirme sa participation aux discussions. Selon son porte-parole, Lawrence Kanyuka, l’organisation s’y engage dans un esprit de responsabilité et en faveur d’une solution pacifique à la crise dans l’Est de la République démocratique du Congo, tout en dénonçant en même temps des attaques de l’armée dans les zones occupées par la rébellion.
"L’Alliance Fleuve Congo – Mouvement du 23 Mars (AFC/M23) porte à l’attention du médiateur du processus de paix de Doha, ainsi que de l’ensemble des partenaires internationaux, qu’alors que sa délégation est en route vers la Suisse pour prendre part à un nouveau round de dialogue, dans un esprit de responsabilité et d’engagement en faveur d’une solution pacifique, le régime de Kinshasa, fidèle à sa logique belliqueuse et à sa stratégie d’escalade, a ordonné à ses forces coalisées de lancer des attaques coordonnées contre des zones densément peuplées", a-t-il annoncé ce jeudi 9 avril 2026 sur X.
Lors d’une récente rencontre avec les diplomates et les ambassadeurs accrédités en RDC, au nom du gouvernement de la République démocratique du Congo, Thérèse Kayikwamba Wagner, cheffe de la diplomatie congolaise, avait réaffirmé l’attachement du pays au processus de Doha.
"Nous restons attachés au processus de Doha. Nous savons que c’est à travers ce processus que nous espérons faire des avancées aussi avec le M23 et, encore une fois, avoir des engagements clairs ainsi qu’une capacité de vérifier le respect ou le non-respect de ces engagements. Nous sommes en échange étroit avec nos partenaires qataris pour voir comment le momentum, l'élan de ce processus peut être maintenu et, peut-être, revoir certaines configurations qui pourraient le rendre possible", avait-elle indiqué.
La reprise de ces pourparlers intervient dans un contexte de blocage profond. Le cadre de paix de Doha, signé le 15 novembre 2025 entre le M23 et le gouvernement congolais, n’avait abouti qu’à un accord sur deux points parmi les huit protocoles : un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu et un mécanisme d’échange de prisonniers. Les questions centrales, à savoir l’avenir du M23, le retour des réfugiés et la justice pour les crimes commis, étaient restées sans réponse.
Le cessez-le-feu issu de cet accord n’a pas tenu. Dès le 1er décembre 2025, le M23 a repris son offensive vers le sud-ouest, en direction de Mwenga et d’Uvira. Le 10 décembre, Uvira est tombée aux mains des rebelles. Le M23 n’avait par ailleurs participé qu’à une seule des trois réunions du mécanisme de suivi prévues pendant cette période.
La chute d’Uvira a entraîné la suspension du processus parallèle entre Kinshasa et Kigali. Depuis novembre 2025, aucune réunion du Mécanisme de coordination sécuritaire conjointe (JSCM), cellule militaire de coordination entre le Rwanda et la RDC, ne s’est tenue. Les rencontres programmées à Doha entre le M23 et le gouvernement congolais ont également été annulées.
Les 17 et 18 mars 2026, des réunions bilatérales et trilatérales entre les États-Unis, la RDC et le Rwanda se sont tenues à Washington, au cours desquelles les parties ont convenu de mesures de désescalade.
Clément MUAMBA