L'ONU, à travers son Bureau Conjoint des Droits de l'Homme (BCNUDH), a publié un rapport lundi révélant le maintien depuis janvier dernier d’un total de quarante-deux membres des partis politiques, dont des opposants.
D’après le rapport, ces personnes arrêtées par des services de renseignement et par la justice militaire, dont la plupart sont issues des partis Ensemble pour la République de l’opposant en exil Moïse Katumbi et du PPRD de l’ancien président de la République Joseph Kabila, sont détenues dans la prison militaire de Ndolo, à Kinshasa, d’autres écrouées «dans de nombreux cachots clandestins gérés par le Conseil National de Cyberdéfense» (CNC), institution pointée pour pas mal d’abus à l’encontre des opposants.
En janvier dernier, Emmanuel Ramazani Shadary, Aubin Minaku et Dunia Kilanga, respectivement secrétaire permanent, vice-président et Secrétaire national et mobilisateur du parti de Joseph Kabila, ont été tous arrêtés à leurs domiciles, avec des méthodes quasi similaires, par des hommes armés en uniforme et d’autres en tenue civile.
Malgré des appels des organisations nationales et internationales pour la clarification de leurs dossiers, mieux la présentation de ces derniers devant leurs juges naturels, ces opposants restent, en violation de toutes les procédures judiciaires, maintenus au secret.
En mars dernier, Human Rights Watch avait alerté sur 17 cas des personnes portées disparues, en majorité d’opposants, pour des raisons «discutables» et d’autres pour leur soutien présumé au groupe rebelle de l’AFC/M23. Dans un rapport consulté par ACTUALITÉ.CD, l’ONG accusait le gouvernement congolais d'user du Conseil national de Cyberdéfense (CNC) pour procéder à des arrestations et à des détentions d’opposants politiques, à travers les forces de sécurité depuis mars 2025. Cet organe rattaché à la présidence de la République les a arrêtés et détenus de manière arbitraire, indiquait le rapport.
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Samyr LUKOMBO