La RDC salue la reconnaissance de la traite des Africains réduits en esclavage comme « plus grave crime contre l’humanité »

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Yolande Elebe Ma Ndembo

Le ministère de la Culture, Arts et Patrimoine de la République démocratique du Congo a salué l’adoption, lors de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies, de la résolution intitulée « Déclaration portant qualification de la traite des Africains réduits en esclavage et de l’esclavage racialisé des Africains de plus grave crime contre l’humanité ».

Ce texte reconnaît la traite transatlantique et l’esclavage comme les crimes les plus graves contre l’humanité, en raison de leur ampleur, de leur caractère systémique et des conséquences durables qu’ils continuent de produire dans le monde contemporain.

« Cette résolution souligne que ces injustices continuent d’alimenter des inégalités structurelles et appelle à une dynamique internationale de mémoire, de justice et de réparation », peut-on lire dans le communiqué publié par le ministère.

Adoptée le 25 mars par 123 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions, dont plusieurs pays européens, la résolution marque une étape politique et symbolique importante dans le débat international sur la mémoire de l’esclavage, les réparations et la reconnaissance des injustices historiques. Porté par le Ghana, chef de file de l’Union africaine sur la question des réparations liées à la traite transatlantique, le texte a été défendu à New York par le président ghanéen John Mahama, qui l’a qualifié d’« historique ».

« Aujourd’hui, nous sommes rassemblés solennellement et solidairement pour proclamer la vérité et poursuivre le chemin vers la guérison et la justice réparatrice », a-t-il déclaré au moment de l’adoption du texte, rappelant le calvaire d’environ 13 millions d’hommes, de femmes et d’enfants africains déportés en l’espace de quatre siècles.

Le texte attire également l’attention sur la restitution des biens culturels aux pays d’origine, notamment dans son article 9, qui encourage les États à faciliter le retour du patrimoine acquis dans des contextes d’injustice ou de domination. Cette disposition s’inscrit dans les priorités définies par le ministère congolais de la Culture pour la période 2025–2026.

La mémoire d’Ota Benga en ligne de mire

Dans cette perspective, le ministère de la Culture, Arts et Patrimoine rappelle avoir signé, le 24 janvier 2025, un protocole d’accord pour la création d’un mémorial national dédié à Ota Benga. Originaire de l’actuelle RDC, ce dernier fut capturé au début du 20e siècle avant d’être exhibé en 1906 au zoo du Bronx, à New York, dans un épisode devenu l’un des symboles les plus frappants de la déshumanisation raciale subie par les Africains durant la période coloniale.

La figure de Ota Benga s’inscrit aujourd’hui dans une dynamique internationale de reconnaissance et de réhabilitation de la dignité des personnes d’ascendance africaine, aussi bien aux États-Unis qu’en République démocratique du Congo. Pour Kinshasa, ce projet mémoriel illustre la volonté de traduire les principes de justice historique en politiques publiques concrètes, notamment en matière de transmission de la mémoire et de valorisation du patrimoine.

James Mutuba