A Kinshasa, la commissaire européenne Hadja Lahbib a visité la clinique Panzi du Dr Mukwege où des victimes des violences sexuelles sont gratuitement prises en charge

Hadja Lahbib, commissaire européenne à la préparation et à la gestion des crises et à l’égalité
Hadja Lahbib, commissaire européenne à la préparation et à la gestion des crises et à l’égalité

La commissaire européenne à la préparation et à la gestion des crises et à l’égalité, Hadja Lahbib a visité ce mardi 17 février la clinique Panzi de Kinshasa du prix Nobel de la paix 2018, Denis Mukwege, située au quartier Macampagne Joli Parc dans la commune de Ngaliema, où des victimes des violences sexuelles et basées sur le genre sont gratuitement prises en charge.

A son entrée par la grille principale, Mme Hadja Lahbib, accompagnée d’une délégation de l’UE, reçoit une gerbe des fleurs de main d’un corps médical en signe de bienvenue, avant de se faire diriger dans une des salles de la clinique, où des explications sur l’historique, les réalisations et les défis de la structure sanitaire lui seront fournies.

Après un entretien avec quelques femmes auquel les médias n’ont pas participé, l’émissaire de l’Union Européenne s’est dit touchée d’entendre leurs histoires, rassurant que l’UE verra dans quelle mesure continuer de prêter sa main forte à la clinique Panzi de Kinshasa, pour notamment la réinsertion de ces femmes venues non seulement de l’Est de la RDC, mais aussi de l’Ouest, précisément de Maluku, dans la périphérie de la capitale, où le conflit Teke et Yaka fait de nombreuses victimes de tout genre.

« Toutes les quatre minutes qui passent, il y a des victimes de viols, qui ne s’arrêtent pas à l’est, ils continuent un peu partout. Ici nous sommes à Kinshasa. C’est important pour moi d’écouter leurs histoires, d’entendre comment nous pouvons les aider, parce que nous finançons, supportons cet hôpital du docteur Mukwege financièrement, psychologiquement, mais aussi dans la réinsertion de ces femmes qui veulent aussi se projeter dans la vie », a déclaré Mme Hadja Lahbib.

Devant un échantillon d’une vingtaine de femmes victimes, l’une d’elle prend la parole : « nous sommes accablées par la pauvreté et avons été violées ici à Kinshasa par les Mobondo à Maluku, où des femmes ont été coupées à la machette. Nous sommes heureuses parce que cette clinique nous reçoit, nous femmes, qui venons de partout et de Maluku, trop éloigné d’ici. Merci pour votre présence ici, car nous sommes fortement dans le besoin, parce que nos matrices sont détruites », a-t-elle expliqué, précisant que plusieurs autres femmes restent cloîtrées à Maluku à cause du manque de transport.

Face à la délégation, le docteur Eddy Mugisho Maroy est revenu sur la genèse de la clinique Panzi, qui existe depuis le 12 mars 2020 grâce à l’appui des affaires Mondiales Canada, avant de souligner que la parcelle dans laquelle est érigée la clinique fut achetée par l’argent que le gynécologue Denis Mukwege avait obtenu en 2018 grâce à son prix Nobel de la paix, lui décerné pour son abnégation à traiter les femmes violentées dans le contexte de la guerre dans l’est de la RDC.

Dr Mugisho a indiqué qu’au total 2141 personnes ont bénéficié des services d'une prise en charge holistique à la clinique Panzi Kinshasa : 841 survivant.e.s de VBG, dont 4 hommes et 497 femmes. Aussi, 442 femmes avec pathologies gynécologiques opérables (fistules et prolapsus), à cela s’ajoutent 224 femmes ayant bénéficié d'une réparation chirurgicale, et 218 femmes restent en attente d'une intervention chirurgicale. Enfin, 300 femmes ont été accompagnées par le pilier de la réinsertion socio-économique, après leur formation.

La clinique Panzi est située au numéro 5 de l’avenue de la Forêt, au quartier Macampagne, Joli parc (commune de Ngaliema). Elle organise quatre services à savoir : médical, psychologique, juridique et réinsertion socio-économique.

Samyr LUKOMBO