Lubumbashi : scientifiques, acteurs de la société civile et la CORAP réfléchissent autour de la gouvernance de la forêt de Miombo face aux pressions minières

Photo d'illustration
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Un atelier consacré à la gouvernance des ressources forestières et à la conservation des écosystèmes du Grand-Katanga s’est ouvert ce lundi à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, au sud-est de la République démocratique du Congo. Les travaux, prévus du 16 au 18 février, réunissent des scientifiques, des organisations non gouvernementales, des journalistes ainsi que d’autres acteurs impliqués dans la gestion environnementale.

Selon CORAP, organisatrice, ces assises visent à analyser les menaces persistantes qui fragilisent la gouvernance des ressources forestières et la conservation des écosystèmes du paysage de Miombo dans le Grand-Katanga.

« L’objectif est de mettre autour d’une même table tous les acteurs concernés afin d’identifier clairement les types de pressions exercées sur la forêt de Miombo et de réfléchir aux pistes de solutions », a expliqué Emmanuel Musuyu, secrétaire exécutif de la CORAP.

L’exploitation minière au cœur des échanges

Au premier jour des travaux, plusieurs interventions ont mis en lumière l’impact de l’exploitation minière sur les forêts claires de Miombo. André Ntumba, de l’ONG Afrewatch, a souligné que ces forêts abritent une biodiversité riche et constituent un refuge pour de nombreuses espèces animales. Il a également averti que le développement du corridor de Lobito pourrait accentuer la pression sur les écosystèmes forestiers, en favorisant l’ouverture de nouvelles routes et infrastructures.
Pour cet acteur de la société civile, la gestion durable des forêts de Miombo et le respect des droits des communautés locales, notamment à travers la foresterie communautaire, doivent être priorisés.

La forêt de Miombo, un enjeu écologique majeur

D’autres orateurs ont insisté sur l’importance écologique et climatique de la forêt de Miombo. Tina L’Ain, directrice du Parc national d’Upemba, a rappelé que cet écosystème joue un rôle clé comme réservoir de biodiversité, régulateur climatique et source d’eau.

« Sa destruction se fait déjà sentir et se manifeste de plusieurs manières », a-t-elle alerté, appelant à renforcer les mesures de protection.

Les échanges ont également mis en évidence la nécessité de veiller à la sécurité des aires protégées, dans un contexte marqué par l’expansion des activités minières et énergétiques.

Mines, développement et durabilité

À l'occasion, Emmanuel Musuyu, Secrétaire exécutif de CORAP a détaillé la manière dont les activités minières exercent une pression sur la forêt de Miombo. L’attribution de concessions minières dans des zones forestières entraîne, selon lui, la disparition progressive des forêts, le développement d’infrastructures et des risques de pollution de l’eau et de l’air, avec des impacts directs sur la biodiversité.
Il a rappelé que si le secteur minier contribue de manière significative au budget national, la dégradation des écosystèmes pourrait compromettre les conditions de vie futures dans ces régions.

Les discussions, qualifiées d’intenses et ouvertes, se poursuivront jusqu’au 18 février à Lubumbashi, avec l’ambition de formuler des recommandations en faveur d’une meilleure gouvernance et d’une conservation renforcée des forêts de Miombo dans le Grand-Katanga.

José Mukendi