La partie Est de la République démocratique du Congo connaît une instabilité sécuritaire depuis près de trois décennies, en raison de l’activisme de groupes armés locaux et étrangers. De nombreuses vies ont été fauchées, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. La situation s’est davantage détériorée avec la résurgence de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, qui occupe de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Malgré la publication du rapport Mapping et de plusieurs autres rapports, notamment ceux du Groupe d’experts des Nations unies, la justice internationale, censée réhabiliter les victimes congolaises, peine à suivre. Pire encore, certains acteurs considérés comme étant de connivence avec ceux qui œuvrent à la déstabilisation de la RDC semblent parfois gratifiés. Face à cette situation, la Coalition Le Congo d’abord a décidé d’axer son combat sur cette problématique, tout en soutenant l’initiative relative à l’installation d’un Tribunal pénal international pour la RDC, chargé de juger les crimes commis ainsi que leurs auteurs.
Cette nouvelle plateforme, composée de plusieurs associations et partis politiques dont le parti Les Transformateurs, qui vient de faire son entrée, ce jeudi 12 février 2026, sur la scène politique congolaise avec, à sa coordination, l’ancien député national Toussaint Alonga ambitionne de promouvoir l’éveil de conscience à travers des valeurs telles que la culture du bien contre le mal, la culture du vrai contre le faux, la culture de la beauté contre la laideur, la culture de la justice contre l’impunité, ainsi que la culture de la bonne gouvernance contre la prédation.
« D'aucuns se posent la question de savoir pourquoi la Coalition le Congo d'Abord ? Nous ne sommes pas une coalition de plus, mais nous apportons un plus comme notre contribution face aux multiples difficultés que traverse notre pays. Tout est parti d'un constat qu'en République Démocratique du Congo il existe des hommes qui sont plus forts que la République, ils volent, ils tuent, ils déciment tout un village comme si cela ne suffit pas, ils sont gratifiés par une promotion politique et cela de manière récurrente », a déploré l’ancien député Toussaint Alonga lors de son intervention
Et de poursuivre :
« Après avoir longuement réfléchi, nous avons décidé de créer la Coalition le Congo d'Abord, dont la démarche politique est axée sur la demande d'installation du Tribunal Pénal International en République Démocratique du Congo, pour juger tous les crimes commis sur le sol Congolais. L'objectif politique poursuivi est d'arrêter la spirale de la violence, le cycle infernal de désordre en RDC à savoir : élection, contestation, rébellion, dialogue et gouvernement d'union nationale, Seul le Tribunal Pénal International en RDC a l'avantage de prendre en charge les crimes commis par les Congolais et ceux commis par les étrangers sur le sol Congolais, il instaurera et consacrera la fin de l'impunité et la peur du gendarme, sinon, les mêmes causes produiront les mêmes effets ».
Guerre dans l’Est du pays
Pour cette organisation politique, la guerre d’agression rwandaise perdure en raison de l’effondrement de l’État. Selon son coordonnateur, tous les régimes qui se sont succédé au pouvoir depuis l’indépendance ont contribué à l’émiettement de l’État et ont favorisé l’émergence d’un empire d’intérêts privés au service de la conservation du pouvoir.
Il affirme que la construction d’une armée républicaine a longtemps été reléguée au second plan. L’État congolais aurait ainsi été infiltré jusqu’à la moelle épinière, plaçant la République démocratique du Congo face à une montagne d’impuissance. Il précise toutefois que la République n’est pas vaincue, mais trahie par ses propres fils et filles.
« La Coalition Le Congo d’Abord condamne l'agression Rwandaise, et invite la jeunesse Congolaise à dire non à une deuxième colonisation, et proclame tout haut que la souveraineté du Congo, son indépendance et son intégrité territoriale ne sont pas négociables, ni aujourd'hui, ni demain, et à jamais ! Le rêve de Monsieur Paul KAGAME de voir convoquer une deuxième conférence de Berlin, afin de revoir les frontières héritées de la colonisation démontre à suffisance qu'il n'a pas bien assimilé l'histoire contemporaine de la colonisation », a fait savoir M. Alonga.
Par ailleurs, la Coalition Le Congo d’abord dit apprécier l’esprit d’ouverture du Président de la République qui, in fine, a accepté le dialogue. Selon son coordonnateur, cette décision vient compléter les efforts de paix déjà entrepris par le gouvernement, en vue de s’accorder sur un vaste chantier de réformes nécessaires en matière de gouvernance.
« Le dialogue inclusif permet de rétablir la cohésion nationale rompue et consolide l'unité nationale. La cohésion nationale et l'unité nationale sécurisent le partenariat stratégique entre la RDC et les USA. Le dialogue inclusif étant une démarche politique extraconstitutionnelle, celui-ci ne peut se faire que par consensus entre les acteurs pour arriver à une solution », a-t-il souligné.
À l’issue d’une réunion des dirigeants africains tenue à Luanda, le lundi 9 février 2026, l’Angola a été désigné pour engager des consultations avec l’ensemble des parties congolaises concernées, en vue de créer les conditions nécessaires à la tenue d’un dialogue national intercongolais. Bien avant cette rencontre, devant les diplomates et ambassadeurs accrédités en RDC, le président Félix Tshisekedi avait reconnu l’importance du dialogue national, tout en y posant certaines conditions, lesquelles ont été rejetées par l’opposition.
De son côté, l’opposition ne cesse de réclamer la tenue de ce dialogue afin de favoriser un climat de cohésion nationale, au moment où les rebelles du M23/AFC, soutenus par le Rwanda, ont poursuivi leur progression dans l’Est du pays, s’emparant de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’Est de la République Démocratique du Congo.
Clément MUAMBA