Le gouvernement de la République démocratique du Congo et la rébellion de l’AFC/M23, qui contrôle de vastes pans des territoires des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, sont appelés à déclarer un cessez-le-feu, c’est-à-dire à faire taire les armes, afin de donner une chance au dialogue politique. Selon la Présidence angolaise, cette déclaration de cessez-le-feu doit s’inscrire dans le cadre du mécanisme signé entre les deux parties en octobre dernier à Doha, sous l’égide de l’État du Qatar.
Cette décision figure parmi les résolutions issues de la réunion tenue ce lundi 9 février 2026 à Luanda, autour de João Lourenço, Président de la République d’Angola, de Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil de la République togolaise et Médiateur de l’Union africaine, de Félix Tshisekedi, Président de la République démocratique du Congo, ainsi que d’Olusegun Obasanjo, responsable de la branche politique au sein du panel des facilitateurs du processus de paix en République démocratique du Congo.
"Appeler les parties en conflit en République démocratique du Congo à déclarer un cessez-le-feu, qui entrera en vigueur à une date et à une heure à convenir, et les encourager à accélérer la mise en œuvre des mécanismes de vérification du cessez-le-feu convenus à Doha le 14 octobre 2025", rapporte la Présidence Angolaise
Cette nouvelle rencontre intervient à la veille du 39ᵉ Sommet des Chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, prévu du 14 au 15 février 2026 à Addis-Abeba, en Éthiopie. Elle fait également suite à une tournée de Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil du Togo, dans la région des Grands Lacs. Accompagné du panel des facilitateurs, le Médiateur de l’Union africaine s’est successivement rendu au Rwanda, au Burundi et en Ouganda, où il a eu des entretiens en tête-à-tête avec les Chefs d’État de ces pays, à savoir Paul Kagame, Évariste Ndayishimiye et Yoweri Museveni.
Avant cette tournée, le panel des facilitateurs s’était rendu à Kinshasa, où il avait tenu une séance de travail avec le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi. Les discussions ont porté principalement sur la situation sécuritaire dans l’est de la RDC, l’état d’avancement des initiatives diplomatiques en cours, ainsi que sur les moyens de renforcer la coordination entre les efforts de médiation régionaux et continentaux, en vue de promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans la région des Grands Lacs.
Cette dynamique diplomatique a été précédée par une réunion de haut niveau tenue à Lomé, au Togo, le 17 janvier 2026, consacrée à la cohérence et à la consolidation du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs. Initiée par Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil des ministres de la République togolaise et médiateur principal désigné par l’Union africaine pour l’est de la RDC, cette rencontre a réaffirmé sa volonté de travailler en étroite coordination avec les États-Unis et le Qatar, afin d’encourager les différentes parties à honorer leurs engagements.
À l’issue de cette réunion de Lomé, l’Union africaine avait précisé l’architecture de sa médiation pour le processus de paix dans l’est de la RDC. Cette nouvelle architecture est placée sous l’autorité de Faure Essozimna Gnassingbé et appuyée par cinq cofacilitateurs, chacun chargé d’un volet spécifique, ainsi que par un secrétariat conjoint associant l’Union africaine et plusieurs organisations régionales
Clément MUAMBA