Lubero : les activités socio économiques tournent au ralenti à Mangurejipa après une manifestation contre l’insécurité et qui a causé deux décès

Service infographie ACTUALITE.CD
Service infographie ACTUALITE.CD

Les activités socio-économiques tournent une nouvelle fois au ralenti à Manguredjipa, chef-lieu du secteur des Bapere, en territoire de Lubero, ce mercredi 28 janvier 2026, au deuxième jour de perturbations. Cette situation fait suite à une manifestation organisée par des femmes de la localité pour réclamer le retour de la paix dans cette entité secouée par l’activisme des combattants d’Allied Democratic Forces (ADF).

Dans la matinée, les boutiques sont restées fermées, les travaux champêtres suspendus et la circulation fortement perturbée. La veille, les femmes avaient érigé des barrières aux principales entrées et sorties de Manguredjipa. Certaines ont manifesté pieds nus, tandis que d’autres marchaient torses nus, en signe d’indignation face à l’insécurité persistante.

La manifestation organisée ce mardi 27 décembre a dégénéré, faisant deux morts par balles et trois blessés graves. Les victimes décédées, toutes de jeunes garçons, ont été atteintes par des tirs attribués aux forces de l’ordre alors qu’elles prenaient part à la manifestation. Parmi les blessés figurent une femme, un nourrisson de six mois et un autre jeune garçon, touchés par des tirs et évacués vers des structures sanitaires pour des soins urgents.

Des dégâts matériels importants ont également été enregistrés. La résidence du chef de secteur a été vandalisée, une moto incendiée et plusieurs biens électroménagers détruits. Ces violences ont entraîné la paralysie des activités socio-économiques, notamment la fermeture du marché local.

Cette manifestation est intervenue 72 heures après une attaque des ADF dans le village de Musenge, en chefferie des Baswagha. Lors de cette incursion, plusieurs maisons, une structure sanitaire et une église catholique avaient été incendiées, provoquant le déplacement massif de la population et la mort de deux militaires des FARDC.

Josué Mutanava