L’année 2025 a été marquée par d’importantes évolutions dans le secteur de la santé en République démocratique du Congo (RDC), entre crises sanitaires, avancées notables et décisions stratégiques majeures.
Suspension du financement de l’USAID
Le gouvernement américain a annoncé, le 20 janvier 2025, un gel temporaire de son aide humanitaire à la RDC afin de réévaluer ses programmes. Le soutien de l’USAID jouait un rôle crucial dans le secteur sanitaire, notamment à travers la prise en charge de maladies comme le VIH, le paludisme et la tuberculose, le renforcement des systèmes de santé maternelle et infantile, la lutte contre les maladies évitables par la vaccination (polio), l’accès à l’eau potable ainsi que l’appui à la chaîne d’approvisionnement en médicaments.
Campagne nationale de don de sang pour les victimes des violences dans l’Est
Face à l’afflux de blessés dans l’Est du pays, le gouvernement congolais a lancé une campagne nationale de don de sang en faveur des militaires des FARDC, des Wazalendo et des civils touchés par les affrontements. Sur les 5 000 litres attendus, le ministère de la Santé a indiqué avoir collecté plus de 2 900 poches de sang.
Déclaration d’épidémies de choléra dans sept provinces
En mai 2025, le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a déclaré des épidémies de choléra dans plusieurs provinces, notamment le Haut-Katanga, le Tanganyika, le Sud-Kivu, le Nord-Kivu, la Tshopo et le Kongo Central. Cette propagation a été favorisée par la saison des pluies, les inondations, l’instabilité sécuritaire entraînant des déplacements massifs de populations, ainsi que les mouvements transfrontaliers avec l’Angola et la Zambie. En 2025, plus de 42 000 cas ont été recensés.
Fin de la Mpox comme urgence sanitaire internationale
Le 5 septembre 2025, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé que la Mpox ne constituait plus une urgence de santé publique de portée internationale. Déclarée urgence mondiale en août 2024 en raison d’une flambée de cas, la maladie a touché plus de 27 000 personnes en RDC en 2025.
Interdiction du refus de soins pour les cas critiques
Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale a pris un arrêté interdisant formellement le refus de soins aux patients en état critique dans tous les établissements de santé, publics comme privés, à Kinshasa. Cette mesure fait suite au décès de Divine Kumasamba, une patiente refusée dans deux structures hospitalières pour des raisons financières.
Baisse significative des cas de poliomyélite
Le gouvernement a enregistré une diminution de 98 % des cas de poliomyélite entre 2022 et 2025. Selon le ministre de la Santé, Roger Kamba, le nombre de cas est passé de 540 en 2022 à seulement 8 en 2025, traduisant les effets positifs des campagnes de vaccination.
Introduction du vaccin combiné rougeole-rubéole
La RDC a officiellement introduit le vaccin combiné contre la rougeole et la rubéole (RR). Selon le ministre de la Santé, ce vaccin est destiné aux enfants âgés de 9 mois à 14 ans. L’objectif est de renforcer le calendrier vaccinal et de réduire la mortalité liée à ces deux maladies. La première phase de la campagne a concerné le Grand Katanga, le Bas-Uélé, le Haut-Uélé et l’Ituri, avec une cible de près de 17 millions d’enfants.
Dégradation du système de santé dans les Kivu
Une enquête du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), menée en septembre 2025 dans 240 centres de santé, révèle un effondrement du système sanitaire dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Cette situation est attribuée aux conflits armés, aux déplacements massifs de populations, à la fuite du personnel soignant, aux difficultés logistiques et à la baisse des financements humanitaires.
Fin de l’épidémie d’Ebola à Bulape
Le 1er décembre 2025, le gouvernement a officiellement déclaré la fin de l’épidémie d’Ebola dans la zone de santé de Bulape, au Kasaï. Réapparue en septembre 2025, cette flambée a causé plusieurs cas et décès. Il s’agissait de la 16ᵉ épidémie d’Ebola enregistrée en RDC depuis la découverte du virus en 1976.
Relance du Centre hospitalier universitaire du Cinquantenaire
L’hôpital du Cinquantenaire a été rebaptisé Centre hospitalier universitaire du Cinquantenaire. Cette relance intervient après la résiliation, en octobre 2024, du contrat liant l’État congolais au groupe indien Padiyah Health Care, gestionnaire depuis 2013. Cette décision faisait suite au non-respect des engagements financiers, notamment l’apport initial de 40 millions de dollars et la construction de centres spécialisés en cancérologie, cardiologie interventionnelle et télémédecine.
Grâce Guka