RDC-ZES : le Gouvernement ouvre à Kinshasa les assises sur l’harmonisation des droits et avantages sous la conduite du ministre Justin Kalumba

Photo d'illustration
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Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo a lancé, ce lundi 12 Janvier 2026 à Kinshasa, les assises stratégiques consacrées à l’harmonisation des droits et avantages des Zones Économiques Spéciales (ZES). Les travaux, prévus pour trois jours, ont été officiellement ouverts par le Ministre ad intérim de l’Industrie, Justin Kalumba Mwana-Ngongo, au nom du Gouvernement.

Dans son mot d’ouverture, le ministre a rappelé le rôle central des ZES dans la politique d’industrialisation du pays.

" Les Zones Économiques Spéciales constituent une innovation importante qui a permis d’avoir, sur le site, des entreprises qui sont en train d’investir dans notre pays ", a-t-il déclaré, soulignant que le développement de véritables corridors de développement industriel impose aujourd’hui un cadre juridique et fiscal mieux structuré.

Justin Kalumba a indiqué que la fiscalité constitue la première grande problématique examinée au cours de ces assises.

" Les ZES ont un régime fiscal et juridique très spécifique, mais nous constatons un déséquilibre des avantages entre certaines zones ", a-t-il expliqué, avant de relever que " la ZES de Maluku, pourtant zone pilote appelée à servir de référence, ne bénéficie pas toujours des mêmes avantages fiscaux que d’autres zones ". Une situation, a-t-il précisé, " largement soulevée par les entreprises installées ".

Abordant le deuxième axe de réflexion, le ministre a évoqué la question de la stabilité des régimes fiscaux.

"La plupart de ces entreprises se disent surprises par le changement du régime fiscal ", a-t-il affirmé.

"Elles ont bâti leurs business plans sur un régime fiscal dérogatoire et se retrouvent, par la suite, pleinement fiscalisées, ce qui entraîne une désarticulation de leurs plans d’affaires ", a-t-il ajouté.

S’agissant du troisième axe, Justin Kalumba a mis en évidence une contradiction relevée par le Gouvernement.

" Ces entreprises produisent beaucoup pour l’exportation, mais elles reconnaissent en même temps que le plus grand marché reste le marché intérieur ", a-t-il souligné, s’interrogeant sur la cohérence de cette orientation.

" La question que pose le Gouvernement est simple : pourquoi cette contradiction ? Il faut recadrer tout cela ", a-t-il insisté.

Le ministre a également évoqué la question de la compétitivité des produits congolais à l’exportation.

"L’objectif pour nous, Gouvernement, est d’avoir une visibilité claire : nos produits seront-ils compétitifs sur les marchés extérieurs, oui ou non ? ", a-t-il déclaré, rappelant que " le coût énergétique en République Démocratique du Congo demeure particulièrement élevé ".

Pour Justin Kalumba, l’ensemble de ces préoccupations s’inscrit dans une seule et même démarche.

" Tout cela est inclus dans ce que nous appelons la problématique de l’harmonisation des textes relatifs aux droits et avantages des ZES ", a-t-il conclu, avant d’affirmer que " l’enjeu majeur est d’aboutir à un régime harmonisé, clair et cohérent ".

Ces assises s’inscrivent dans la continuité des travaux menés récemment à la Zone Économique Spéciale de Maluku, sous la conduite de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, qui avait personnellement dirigé la réunion du Comité de pilotage sur le site même de la zone. Une démarche de terrain saluée comme un tournant dans la gestion des ZES, privilégiant l’écoute directe des opérateurs économiques et l’évaluation concrète des contraintes.

À travers ces travaux, le Gouvernement réaffirme sa volonté de faire des Zones Économiques Spéciales de véritables leviers de l’industrialisation, de la création d’emplois et de la transformation structurelle de l’économie congolaise.

Les ZES entrent ainsi dans une nouvelle phase : celle de la clarification, de l’harmonisation et de l’action.