L’année 2025 aura été, pour les femmes congolaises, une année contrastée entre avancées politiques, défis sociétaux et augmentation des violences liées aux conflits armés. Voici cinq faits marquants qui ont rythmé la vie des femmes à travers le pays au cours de ces douze derniers mois.
1. Judith Suminwa reconduite Première ministre, Grâce Kutino l’une des figures féminines les plus visibles du gouvernement
En 2025, Judith Suminwa a maintenu son poste de Première ministre, confirmant sa place à la tête du gouvernement congolais et sa stature de femme leader dans l’espace politique national. Cette présence féminine à la tête de l’exécutif constitue une avancée symbolique significative pour la représentation des femmes dans l’appareil d’Etat.
Les femmes ont occupé plus de 30 % des sièges ministériels, un avancée qui reste en deçà de la parité prévue par la Constitution congolaise (50 %), cette progression souligne aussi l’écart persistant entre ambition constitutionnelle et réalité politique.
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Dans le même gouvernement, Grâce Emie Kutino a été nommée Ministre de la Jeunesse, suscitant de nombreux commentaires publics. La jeune ministre était appréciée par certains pour son dynamisme, critiquée par d’autres pour des positions jugées controversées, elle a été l’une des figures féminines les plus visibles de l’année.
2. Honorine Porsche et Sarah Ebabi, deux affaires judiciaires qui ont marqué l’opinion
En 2025, la justice congolaise s’est illustrée dans deux décisions très commentées qui ont impliqué des femmes :
-L’arrestation et condamnation de Honorine Porsche, Allemande d’origine Congolaise et prévenue phare dans l’Affaire de braquage d’une agence de la Rawbank. Elle a été condamnée à 10 ans de servitude pénale principale, étant reconnue coupable de vol à main armée et de terrorisme. À côté de la sanction pénale, Honorine Porsche devra payer respectivement 100 000$ et 5000$ aux parties civiles Rawbank et Bijou Bidor, à titre des dommages-intérêts.
-Le jugement de Sarah Ebabi Ebadjara, une jeune militaire sanctionnée pour avoir publié des photos shooting de mariage en tenue militaire accompagnées d’un baiser sur la bouche, a suscité un débat sur les normes militaires et le respect des codes institutionnels.
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3. Mobilisation inédite devant l’ONATRA
En 2025 également, des femmes ont protesté en public à Kinshasa devant les bureaux de l’Office national des transports (ONATRA), réclamant le versement de 20 mois d’arriérés de salaires. Certaines manifestantes étaient à moitié nues, ce qui a attiré l’attention.
4. Décès de l’institutrice Bonnette Elombe
L’année 2025 a également été endeuillée par la disparition de Bonnette Elombe, décédée des suites d’une maladie à Kinshasa le 20 octobre 2025. Elle était une institutrice appréciée à l’École Primaire 7 Yolo-Sud, dans la commune de Kalamu, connue au-delà de sa classe pour sa pédagogie mêlant chants, danse et apprentissage, et très suivie sur les réseaux sociaux pour ses vidéos autour de ses élèves qui avaient conquis plus d’un million d’abonnés.
Des obsèques et une cérémonie d’hommages ont été organisées à Kinshasa puis son inhumation à la Nécropole Entre Terre et Ciel dans la commune de la N’sele, en présence de nombreux acteurs du monde éducatif, d’autorités et de proches.
5. Violence armée et crises humanitaires : une vulnérabilité accrue pour les femmes de l’Est
L’année 2025 a été marquée par une escalade de la violence armée dans l’est de la RDC, notamment avec l’avancée du groupe rebelle M23 dans des zones clés de Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette instabilité a provoqué des déplacements massifs de populations et une augmentation significative des cas de violences sexuelles et basées sur le genre contre les femmes et les filles, utilisées comme armes de guerre.
Selon les agences internationales, des centaines de cas de viols ont été enregistrés en quelques jours dans certains secteurs, et ce chiffre ne reflète qu’une partie des violences réellement subies par les survivantes, souvent incapables de déclarer les faits par peur, stigmatisation ou manque d’accès aux soins.
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Par ailleurs, le pays a célébré le 25ème anniversaire de la Résolution 1325 des Nations Unies, qui vise à renforcer la participation des femmes dans les processus de paix, la protection des droits des femmes et la prévention des violences liées aux conflits. Les festivités ont inclus des dialogues intergénérationnels sur la paix et la sécurité, rassemblant institutions, organisations de la société civile, partenaires techniques et diplomatiques à Kinshasa.
Prisca Lokale