L'actualité de la semaine vue par Rita Byumanine

Photo/ Droits tiers
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De la validation des candidatures de Félix Tshisekedi et Moise Katumbi par la Cour constitutionnelle en passant par la gestion des fonds alloués pour l'organisation des neuvième jeux de la Francophonie et la célébration du 23e anniversaire de la résolution 1325, la semaine qui s'achève a été riche au niveau de l'actualité. Rita Byumanine revient sur chacun de ces faits.

Bonjour Madame Rita Byumanine et merci de nous accorder de votre temps. Pouvez-vous nous parler de vos activités ?

Rita Byumanine : je suis chargée des relations publiques au sein de Uwema Asbl, coach en leadership féminin et cohésion sociale, cadre du parti politique Alliance pour le Développement de la République (Adr).

La Cour constitutionnelle a validé les candidatures de Félix Tshisekedi et Moise Katumbi. Quel est votre point de vue ?

Rita Byumanine : je pense que la validation des candidatures de Félix Tshisekedi et Moise Katumbi par la Cour constitutionnelle est une décision importante dans le contexte politique de la République démocratique du Congo. Cela signifie que ces deux candidats pourront participer aux élections et que leurs programmes politiques et leurs visions pour le pays seront soumis au vote des citoyens. La validation des candidatures par la Cour Constitutionnelle est un processus essentiel pour assurer un processus électoral transparent et démocratique.

La CENI a rendu publique la liste définitive des candidats députés provinciaux. Sur 710 requêtes, seuls 95 recours ont été jugés fondés. Qu'est-ce qui justifie selon vous ce faible taux des candidats retenus ?

Rita Byumanine : Il existe plusieurs raisons qui peuvent expliquer ce faible taux :

1/ La non-conformité aux critères de candidature : certains candidats peuvent ne pas remplir les critères légaux nécessaires pour se présenter aux élections provinciales, tels que la nationalité, l'âge ou la résidence dans la circonscription.

2/ Les irrégularités dans les dossiers de candidature : certains candidats peuvent avoir soumis des dossiers incomplets ou comportant des erreurs, ce qui peut entraîner leur rejet.

Des erreurs de la Ceni : il est également possible que certaines candidatures aient été injustement rejetées en raison d'erreurs commises par la Ceni lors de l'examen des requêtes. Il est important de souligner que ce faible taux des candidats retenus peut être le résultat d'une combinaison de ces facteurs et chaque cas doit être examiné individuellement pour déterminer les raisons spécifiques du rejet.

À l'Assemblée nationale, la proposition modifiant la loi relative à la sécurité sociale des parlementaires a été déclarée recevable. Saluez-vous cette recevabilité ?

Rita Byumanine La proposition a été initiée par le député Faustin Toengaho Lukondo le 12 août 2022 et le 27 octobre, le texte a été déclaré recevable. La redéfinition de l'âge d'admission à la pension pour les parlementaires attire mon attention, car il a été remarqué que les parlementaires veulent rester au pouvoir le plus longtemps possible en oubliant que la population a besoin du renouvellement de la classe politique. Cette proposition de loi relative à la sécurité sociale des parlementaires peut être perçue de différentes manières. D'un côté, certains pourraient considérer qu'il est important d'assurer une protection sociale adéquate pour les parlementaires, qui jouent un rôle clé dans la représentation politique du pays. Cela pourrait également être perçu comme une reconnaissance du travail et des responsabilités qu'ils assument. D'un autre côté, certains pourraient critiquer cette proposition en argumentant qu'elle peut créer des privilèges excessifs pour les parlementaires. Il est important de prendre en compte ces différents points de vue et de s'assurer que toute modification de la loi relative à la sécurité sociale des parlementaires est justifiée, transparente et équitable. Il est également essentiel de veiller à ce que les ressources du pays soient utilisées de manière responsable et en accord avec les besoins et les priorités de l'ensemble de la population.

Quelle serait votre proposition pour rétablir la vérité à propos de l'organisation des IXe Jeux de la Francophonie ?

Rita Byumanine : pour rétablir la vérité sur l'allocation budgétaire de l'organisation des IXe Jeux de la Francophonie, il est essentiel d'établir une communication claire et précise sur les dépenses connues, un audit indépendant, une participation des parties prenantes sur la surveillance du budget, la responsabilité et les sanctions si des irrégularités financières sont identifiées, et enfin une transparence post-événement : un rapport détaillé des dépenses réelles devra être publié et rendu accessible au public en vue

Le Ministre de la santé vient de lancer la gratuité de la maternité à Bukavu. Quel est votre point de vue et quelle lecture faites-vous de ce programme de la gratuité de la maternité ?

Rita Byumanine : En tant que citoyenne, je salue cette initiative, mais avec beaucoup de réserves. Cela pourra permettre aux femmes enceintes de bénéficier des soins sans avoir à se soucier des coûts associés à l'accouchement. Nos attentes s'articulent autour des soins de santé maternelle, de la réduction de la mortalité maternelle et infantile, et la promotion de la santé des femmes, c'est ce que nous attendons de cette gratuité de la maternité. Cependant, il est important de s'assurer qu'au-delà de cette gratuité de la maternité, le gouvernement a aussi prévu la prise en charge des enfants qui naîtront, que ce soit sur le plan sanitaire et éducationnel. 

Dans un rapport de l'ONG Journaliste en Danger (JED), plus de 500 atteintes contre la presse ont été énumérées durant le premier mandat du Président Félix Tshisekedi. Pensez-vous que la liberté de la presse a-t-elle encore sa place en RDC ?

Rita Byumanine : le nombre élevé d'atteintes à la liberté de la presse et les journalistes tués démontrent clairement que leur sécurité et leur capacité à informer le public sont sérieusement compromis. Il est important de noter que la liberté de la presse est un pilier fondamental pour toute démocratie, car elle permet aux journalistes d'exercer leur rôle de contre-pouvoir en informant les citoyens de manière indépendante et transparente. Lorsque cette liberté est restreinte, cela affaiblit la démocratie dans son ensemble. Il est donc essentiel que les autorités congolaises prennent des mesures concrètes pour garantir la sécurité des journalistes et préserver la liberté de la presse. Cela pourrait inclure la poursuite des auteurs d'atteintes contre la presse, la mise en place de mécanismes de protection des journalistes et la promotion d'un environnement propice à la liberté d'expression. La communauté internationale a également un rôle à jouer en soutenant les journalistes et en exerçant des pressions sur le gouvernement congolais pour qu'il respecte les normes internationales en matière de liberté de la presse.

La RDC vient de célébrer le 23e anniversaire de la Résolution 1325. Selon vous, cette résolution a-t-elle porté des fruits sur la situation de la femme de la RDC. Et quels sont les défis à relever ?

Rita Byumanine : Il est difficile de mesurer précisément les fruits de cette résolution sur la situation des femmes en RDC, cependant des femmes ont été nommées à des postes clés dans le gouvernement et dans les institutions politiques. De plus, des organisations de la société civile et des groupes de femmes se sont mobilisés pour défendre les droits des femmes et promouvoir leur participation aux processus de paix. Malgré ces progrès, de nombreux défis subsistent. La RDC continue de faire face à des conflits armés dans certaines régions, ce qui a un impact dévastateur sur les femmes. Les violences sexuelles et basées sur le genre sont toujours très répandues, et l'impunité reste un problème majeur. Les femmes font également face à des obstacles socio-économiques, tels que l'accès limité à l'éducation et à l'emploi. Pour relever ces défis, il est essentiel de renforcer les mécanismes de protection des droits des femmes et de lutter contre l'impunité. Il est également important de promouvoir l'égalité des genres dans tous les domaines de la société, y compris l'éducation et l'emploi. Enfin, il est crucial d'impliquer davantage les femmes dans les processus de prise de décision politique et de consolidation de la paix, en veillant à ce que leur voix soit entendue et prise en compte.

La bataille pour la gestion du trône de représentant légal de l'Église du Réveil du Congo (ERC). Pensez-vous que l'Église du réveil du Congo préserve encore ces valeurs ?

Rita Byumanine : La bataille pour la gestion du trône de représentant légal de l'Église du Réveil du Congo (ERC) soulève des questions sur la préservation des valeurs de l'Église. Les valeurs d'une église peuvent varier en fonction de ses croyances et de sa doctrine, et il est important de comprendre que différentes personnes peuvent avoir des opinions divergentes sur la question. Certaines personnes peuvent estimer que l'Église préserve encore ces valeurs, tandis que d'autres peuvent avoir des réserves ou des critiques à cet égard. Il peut être utile de se pencher sur les actions et les déclarations de l'Église, ainsi que sur les témoignages des fidèles, pour se faire une opinion éclairée. Un candidat à la députation nationale et ancien chef de quartier tué par balle à Goma.

Quelle stratégie préconisez-vous pour mettre fin à l'insécurité qui persiste en RDC, particulièrement dans l'Est ?

Rita Byumanine : Il est nécessaire de mettre en place une stratégie intégrée et multidimensionnelle. Voici quelques mesures qui pourraient être envisagées :

A. Le renforcement des forces de sécurité : il est crucial d'investir dans la formation, l'équipement et la moralisation des forces de sécurité congolaises. Cela inclut la police, l'armée et les services de renseignement.

b. Le développement socio-économique : Une grande partie de l'insécurité en RDC est liée à la pauvreté, à l'exclusion sociale et au manque d'opportunités économiques. Il est donc crucial d'investir dans le développement socio-économique des régions touchées. Cela peut inclure des projets de création d'emplois, la promotion de l'entrepreneuriat, l'amélioration de l'accès aux services de base tels que l'éducation et la santé, et la mise en place des programmes de réintégration pour les anciens combattants.

c. La réforme du système judiciaire : Une justice indépendante et efficace est essentielle pour lutter contre l'impunité et renforcer l'état de droit en RDC. Cela peut être réalisé par le renforcement des capacités des tribunaux, la formation des juges et des procureurs, et la mise en place de mécanismes de protection des témoins.

D. Il est essentiel d'engager un dialogue politique inclusif. Cela implique tous les acteurs politiques, y compris les groupes armés non étatiques, dans les négociations pour parvenir à un accord politique durable. Il est important de noter que ces mesures doivent être mises en œuvre de manière coordonnée et avec le soutien de la communauté internationale. La stabilité en RDC nécessite une approche holistique qui combine à la fois la sécurité, le développement et la réconciliation. 

Le sommet extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), se tient en Angola, pour discuter de la crise sécuritaire dans l'est de la RDC et du processus électoral en cours. Quelles sont vos attentes pour ce Sommet ?

Rita Byumanine : les dirigeants de la SADC pourraient discuter des mesures concrètes pour résoudre la situation sécuritaire dans l'est de la RDC. Cela pourrait impliquer des discussions sur la collaboration sécuritaire entre les pays membres de la SADC et le renforcement des forces de maintien de la paix dans la région.

Il peut également s'agir du soutien au processus électoral : Étant donné que le sommet se tient pendant la période électorale en cours en RDC, il est probable que les dirigeants de la SADC discuteront de l'importance d'avoir des élections libres, justes et transparentes.

Ils pourraient également discuter de la manière dont la SADC peut soutenir la RDC dans ce processus et du renforcement de la coopération régionale : Le Sommet pourrait être l'occasion pour les dirigeants de la SADC de renforcer la coopération régionale en matière de sécurité et de développement.

Il faut aussi préconiser le dialogue politique : Les dirigeants de la SADC pourraient également utiliser ce sommet pour discuter des questions politiques plus larges, telles que la démocratie, la bonne gouvernance et les droits de l'Homme dans la région.

Votre dernier mot

Rita Byumanine : un État ne peut avancer pleinement que lorsque chaque citoyen prend courageusement sa place sur la scène politique, apportant ainsi sa voix unique, sa perspective essentielle et son engagement inébranlable pour le bien commun.

 

Propos recueilli par Grâce Guka