Dans une déclaration du haut représentant au nom de l’Union Européenne de ce vendredi 7 juillet, l’UE a été directe sur les sujets sécuritaires de la RDC et est revenue également sur le processus électoral qui doit aboutir aux élections en décembre prochain. De manière catégorique, elle invite la Commission Electorales Nationale Indépendante et toutes les parties prenantes à un travail d’ensemble pour tenir des élections de bonnes élections, “pleinement” inclusives, libres, transparentes et pacifiques.
“L'UE invite la CENI et toutes les parties prenantes à travailler ensemble pour tenir des élections pleinement inclusives, libres, transparentes et pacifiques, qui sont essentielles pour la consolidation de la démocratie et de la stabilité en RDC”, peut-on lire dans la déclaration.
Et d’ajouter :
“Garantir la pleine intégrité du processus électoral exige la liberté d'expression, des médias, de réunion, d'association et de mouvement. Tout usage excessif ou disproportionné de la force en réponse à des manifestations pacifiques ou à des détentions arbitraires est incompatible avec cette exigence”.
Cette déclaration fait écho à la situation que vit la RDC actuellement avec des répressions violentes des marches de l’opposition, les interpellations et arrestations des politiques, des activistes de la société civile, des journalistes, des avocats. On peut donc citer Mike Mukebayi, Franck Diongo, Jean-Marc Kabund ou Salomon Kalonda.
Les 4 leaders de l’opposition, Matata Ponyo, Delly Sesanga, Martin Fayulu et Moïse Katumbi, disent constater que les violations graves des droits et les restrictions des libertés des citoyens se multiplient et prennent à témoin la communauté internationale « sur les dérives dictatoriales du régime de Tshisekedi ».
L’Union Européenne dit également noter le travail mené par la CENI mais ne laisse pas les critiques et préoccupations des parties prenantes aux élections, auxquelles elle appelle à répondre "de toute urgence".
“L'UE s'est engagée, avec d'autres partenaires partageant les mêmes valeurs, à accompagner la RDC et sa population sur la voie d'élections compétitives, pacifiques, inclusives et transparentes en décembre 2023, qu'elle a été invitée à observer. L'UE prend note du travail mené de manière soutenue par la commission électorale nationale indépendante. L'UE prend également note des critiques et des préoccupations exprimées par les partis politiques d'opposition et les organisations de la société civile, auxquelles il convient de répondre de toute urgence”, ajoute la déclaration.
Le processus électoral se poursuit même si toutes les parties prenantes ne sont pas unanimes sur plusieurs questions notamment la fiabilité du fichier électoral. Le président de la CENI a convoqué l’électorat pour les législatives nationales depuis le 25 juin dernier. Les BRTC seront ouverts pendant 20 jours.
Pour lever le malentendu et trouver un terrain d’entente afin d'arriver, en décembre prochain, à des élections crédibles, transparentes, inclusives et apaisées, la CENI a entamé des rencontres avec les parties prenantes aux élections. Le quatuor de l’opposition a discuté avec Denis Kadima, le 30 juin. Ils ont passé en revue tous les problèmes qui motivent leur protestation, notamment la loi portant organisation et fonctionnement de la CENI, la composition de la centrale électorale, la loi électorale et ses faiblesses, les points de désaccord dans cette loi ou encore le problème de la confection du fichier électoral.
Après le rendez-vous, Martin Fayulu, qui a parlé aux nom Moïse Katumbi, Delly Sesanga et Matata Ponyo, a fait savoir qu’ils se sont mis d’accord sur l’affiche des listes des électeurs mais la question de l’audit externe du fichier électoral reste en suspens. Pourtant l’audit externe est devenu une exigence qui ne peut être mise de côté par cette frange de l’opposition.
Le président de la CENI souhaite également rencontrer l’ancien Président de la République Joseph Kabila dans le cadre de ces consultations. Denis Kadima a même déjà saisi officiellement Joseph Kabila à travers une lettre depuis le 1er juillet.
Emmanuel Kuzamba