RDC-M23 : «la situation n’a pas évolué sur le terrain malgré les initiatives diplomatiques régionales », regrette Denis Mukwege
Lundi 28 novembre 2022 - 14:59
Carte du territoire de Rutshuru
Carte du territoire de Rutshuru

Le prix Nobel de la paix Denis Mukwege dénonce le non-respect par le M23 de l’ultimatum lancé à Luanda, exigeant au mouvement rebelle de se retirer des zones qu’il contrôle en vue de faciliter la reprise de dialogue pour une sortie de crise. Dans un communiqué rendu public ce lundi 28 novembre, le médecin gynécologue signale que le M23 poursuit des hostilités, provoquant la dégradation de la situation humanitaire pourtant « déjà catastrophique », avec plus de 6 millions de déplacés.    

« Nous regrettons que le M23 ne respecte pas les termes du communiqué du Mini-Sommet sur la Paix et la Sécurité dans la région Est de la RDC ni l’ultimatum de Luanda du 23 novembre en refusant de se retirer des zones qu’il contrôle, fragilisant la mise en œuvre du processus de paix de Nairobi et minant la crédibilité des initiatives diplomatiques régionales en cours. En effet, la situation n’a pas évolué sur le terrain alors que ce Sommet avait décidé non seulement la cessation des hostilités mais aussi le retrait des territoires occupés », déplore Denis Mukwege.       

Lire: RDC: le Parlement européen pointe le lien M23-Rwanda et demande que les sanctions à l’encontre des dirigeants de ce mouvement soient étendues

Ce médecin gynécologue qui répare les femmes victimes des violences sexuelles dues aux conflits armés appelle les Nations Unies et les pays influents comme la France, le Royaume Uni et les Etats-Unis à sanctionner les soutiens du M23 dont le Rwanda.

« Il est impératif que les États qui fournissent des armes aux groupes armés qui sont frappés d’embargo soient sanctionnés. En outre, toute coopération militaire bilatérale avec les États fournisseurs doit impérativement cesser si l’on veut créer les conditions propices à la désescalade », recommande-t-il.

« Il est temps que le monde ouvre les yeux sur ces atrocités, que le droit international s’applique et que les responsables rendent des comptes pour mettre fin à la tragédie congolaise », plaide-t-il.  

Mercredi 23 novembre, un accord a été trouvé pour un "cessez-le-feu immédiat" dès vendredi 25 novembre dans l'est de la République démocratique du Congo, à l'issue d'un mini-sommet à Luanda.

Le président congolais Félix Tshisekedi y était notamment réuni avec le ministre rwandais des Affaires étrangères Vincent Biruta, en l'absence du président Paul Kagame, pour tenter de mettre fin aux récentes tensions dans l'est de la RDC et après l'échec d'un accord de cessez-le-feu conclu en juillet. Les parties se sont également accordées pour exiger "le retrait immédiat des rebelles du M23 des zones occupées", a précisé le ministre Tete Antonio, à l'issue de la réunion présidée par le chef de l’Etat angolais et médiateur désigné par la SADC, Joao Lourenço. 

Après 18H00 (17H00 GMT) de vendredi, heure prévue pour la trêve, des habitants interrogés par téléphone faisaient encore état de combats vers Bwiza, à une quarantaine de km au nord de la grande ville de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu. Ce secteur de Bwiza était le bastion de l'ex-chef rebelle tutsi congolais Laurent Nkunda avec sa rébellion du CNDP.

Dans un communiqué diffusé vendredi, le président du M23, Bertrand Bisimwa, dit qu'"une fois de plus", le mouvement rebelle "accepte le cessez-le-feu tel que recommandé" par le sommet de Luanda. Mais il demande à Kinshasa de "le respecter à son tour, faute de quoi le M23 se réserve pleinement le droit de se défendre". La rébellion continue de réclamer un dialogue direct avec le gouvernement congolais. 

Claude Sengenya

 

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