Une délégation des membres du gouvernement central est arrivée ce mercredi 25 février à Uvira, chef-lieu provisoire de la province du Sud-Kivu, en vue de procéder à l’ouverture officielle de la frontière terrestre entre la République démocratique du Congo et le Burundi, au poste frontalier de Kavimvira-Gatumba. Elle est composée du Vice-Premier ministre de l'Intérieur, Jacquemain Shabani, du ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, ainsi que de la ministre d’État des affaires sociales et actions humanitaires, Ève Bazaiba. Cette délégation a présidé la cérémonie symbolique marquant la relance des échanges transfrontaliers après plusieurs mois de fermeture, consécutifs aux tensions sécuritaires liées aux activités de l’AFC/M23. Le poste frontière est tout de même ouvert depuis lundi dernier.
À leur arrivée, les membres de la délégation ont été briefés sur la situation sécuritaire lors d’une réunion tenue à la résidence du gouverneur de la province, Jean-Jacques Purusi. Selon le vice-Premier ministre Jacquemain Shabani, cette visite s’inscrit également dans le cadre du suivi de la mise en œuvre des actions visant la restauration de l’autorité de l’État, engagées depuis le retrait de la rébellion de l’AFC/M23, consécutif aux pressions américaines exercées sur ce mouvement et sur son parrain, Kigali.
Par ailleurs, a-t-on appris, la situation sécuritaire demeurant encore fragile ne permet pas à la délégation de prolonger son séjour, ce qui explique la non-tenue d’une visite approfondie dans la ville d’Uvira. La réouverture de cette frontière terrestre entre la RDC et le Burundi, effective depuis le 23 février 2026, vise à redynamiser l’économie régionale et à consolider les relations bilatérales entre Kinshasa et Bujumbura.
Cette évolution de la situation sur le terrain intervient à la suite de la tournée de la commissaire européenne chargée de la préparation et de la gestion des crises ainsi que de l’égalité, Hadja Lahbib. Elle a bouclé sa mission humanitaire dans la région des Grands Lacs à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, où elle a été reçue, vendredi 20 février, par les dirigeants de la rébellion, conduits par leur coordonnateur politique, Corneille Nangaa.
À l’issue de ces échanges, la commissaire européenne avait rappelé avoir été mandatée par les ministres des Affaires étrangères des 27 États membres de l’Union européenne pour se rendre dans la région des Grands Lacs, en vue d’établir un rapport sur la situation humanitaire, qui s’est considérablement dégradée ces derniers mois. Après ses déplacements à Kinshasa, Bujumbura, Kigali et, plus récemment, à Goma, Hadja Lahbib a délivré un message constant : appeler au respect strict du droit international humanitaire par toutes les parties prenantes au conflit.
Selon l’ancienne cheffe de la diplomatie belge, la situation humanitaire demeure catastrophique. Elle a également indiqué avoir reçu des engagements de la part des différentes parties impliquées et a exprimé l’espoir que cette mission produira des résultats concrets au bénéfice des populations civiles.
Clément MUAMBA