Le chef d’état-major général des Forces armées de la RDC (FARDC), le général d’armée Célestin Mbala, a procédé au réaménagement à la tête des opérations militaires, spécialement au Nord-Kivu et en Ituri, deux provinces en proie aux violences armées dans l’est de la RDC.
Dans un télégramme datant du 5 juillet dernier, le général d’armée Célestin Mbala nomme le général de brigade Clément Bitangalo Mulime à la tête des opérations Sokola II au Nord-Kivu, en remplacement du général-major Peter Cirimwami Nkuba qui est envoyé en Ituri comme commandant intérimaire de la 32ème région militaire. Selon toujours le document, le lieutenant-général Philémon Yav Irung, est nommé commandant de la troisième zone de défense.
Pour le Nord-Kivu, cette décision vient également clarifier les responsabilités dans le commandement des opérations Sokola II, qui pilote aussi les actions militaires contre les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23). Le général d’armée Célestin Mbala confie le commandement du secteur opérationnel Sokola II au général de brigade Clément Bitangalo Mulime et instruit le gouverneur militaire du Nord-Kivu, Constant Ndima, à ne s’occuper que de la gestion politico-administrative de la province.
Il note avoir décidé ce réaménagement sur instruction du commandant suprême de l’armée, le président Félix Tshisekedi.
Ainsi, Clément Bitangalo Mulime va également, selon une source d’ACTUALITE.CD au sein de l’armée, commander, sous la supervision du lieutenant général Philémon Yav Irung, les opérations de traque contre le M23, jusqu’alors commandée, selon les communiqués du gouvernorat du Nord-Kivu, par le général Constant Ndima, mais pilotée sur le terrain par le général Peter Cirimwami Nkuba.
Cette clarification des responsabilités facilite l’efficacité dans le commandement des opérations, mais relance un débat sur l’importance du maintien de l’état de siège. Car le militaire nommé gouverneur à la suite de cette mesure exceptionnelle ne pourra désormais s’occuper que de la gestion político-administrative de la province. Ce qu’assurait jusque-là le gouverneur civil aujourd’hui en congé.
« L’état de siège n’a plus de sens, car le gouverneur ne va s’occuper que des affaires civiles », dénonce un ancien administrateur d’un territoire du Nord-Kivu aujourd’hui en congé suite à l’état de siège.
Instauré en mai 2021 au Nord-Kivu et Ituri, l’état de siège avait décidé du remplacement des autorités civiles des entités décentralisées de ces provinces par des militaires pour faciliter la traque des rebelles nationaux et étrangers. Mais des activistes de la société civile ne cessent de dénoncer l’inefficacité de cette mesure exceptionnelle qui n’a pas su stopper les violences. Ils plaident pour le retour des civils à la gestion politico-administrative des provinces pour permettre aux militaires de se concentrer aux opérations militaires.
Claude Sengenya