Après une période de silence marquée principalement par les communications de l’Africa Centres for Disease Control and Prevention (Africa CDC) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le gouvernement de la République démocratique du Congo, à travers le ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, s’est finalement exprimé en déclarant officiellement l’épidémie de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, dans l’est de la RDC.
Face à la presse ce samedi 16 mai 2026 à Kinshasa, le ministre de tutelle, Samuel Roger Kamba, est revenu sur plusieurs défis auxquels le pays devra faire face dans le cadre de cette nouvelle épidémie. Parmi ces défis, cet ancien conseiller spécial de Félix Tshisekedi chargé des questions sanitaires a notamment évoqué la traçabilité et l’identification des cas contacts afin d’assurer un meilleur diagnostic et une prise en charge rapide des personnes exposées au virus.
"Nous avons d'autres défis, c'est le défi des contacts, nous devons retrouver toutes les personnes qui ont été en contact avec les malades, et celà est très important ça nous permet de faire le suivi, la traçabilité et le repérage pour pouvoir aussi bien diagnostiquer rapidement mais aussi prévenir les contaminations", a déclaré le ministre Samuel Roger Kamba.
À cela s’ajoute l’absence de vaccins et de traitement spécifique contre la souche Bundibugyo. Selon les autorités sanitaires, ces différents défis permettent à la RDC de mieux préparer sa riposte face à cette nouvelle épidémie.
"Nous avons aussi des défis matériels importants parce que contrairement à la souche Zaïre que nous connaissons très bien, la souche Bundibugyo n'a pas des vaccins et n'a pas de traitement spécifique et donc ce sont tous ces défis qui nous permettent d'organiser notre réponse qui est opérée par le COUSP (Centre des Opérations d’Urgences de Santé Publique)de l'Institut National de Santé Publique (INSP)", a ajouté Samuel Roger Kamba.
Au-delà de ces défis, ce ministre du gouvernement de la Première ministre Judith Suminwa a également mis en avant l’expérience de la RDC dans la gestion et la riposte contre les précédentes épidémies d’Ebola. Selon lui, le pays est prêt à faire face à cette nouvelle situation et insiste sur le strict respect des mesures de santé publique afin de stopper la chaîne de contamination.
"Nous avons avec la déclaration faite officiellement hier donc en moins de 24 heures de diagnostic, nous avons donc ainsi mobilisé tous les partenaires pour que nous ayons une réponse adaptée au niveau des risques de cette maladie. Nous avons déjà l'OMS qui est sur place à Bunia, et nous avons déjà nos équipes à nous qui étaient au centre de simulation à Kisangani, nous les avons dépêché rapidement sur place, pour la réponse, nous sommes prêts, vous savez que la RDC après 17 épidémies mais surtout après la découverte de Ebola chez nous par le professeur Muyembe, la RDC a les capacités, des connaissances mais aussi les moyens pour pouvoir répondre à cette épidémie et pour celà toutes les mesures de santé publique que nous annonçons doivent être suivies", a recommandé le ministre Samuel Roger Kamba.
Cette épidémie de maladie à virus Ebola survient dans une zone du pays marquée par de graves violences contre les populations civiles, attribuées aux rebelles des ADF, qui continuent de semer la désolation parmi les civils malgré les opérations militaires conjointes menées par les FARDC et les forces ougandaises. À cela s’ajoute l’activisme de plusieurs milices locales, notamment la CODECO, le groupe Zaïre, la CRP et d’autres. Cette situation fragilise davantage le contexte humanitaire dans cette partie de la RDC et entraîne des déplacements massifs de populations.
Cette épidémie dans la province de l’Ituri survient près de six mois après que la RDC a annoncé, le 1er décembre 2025, la fin de la 16e épidémie de maladie à virus Ebola dans la province du Kasaï, aucun nouveau cas n’ayant été signalé durant les 42 jours écoulés depuis la rémission du dernier patient, le 19 octobre 2025.
Kuzamba Mbuangu & Clément Muamba