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Contrat chinois: société écran et intermédiaire douteux, stratégie pour enrichir quelques-uns (Rapport)
Lundi 29 novembre 2021 - 07:27
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Photo d'illustration ACTUALITE.CD

Le contrat chinois est au coeur de l’actualité ces dernières semaines. Il avait été signé par le gouvernement et un consortium chinois. Il devrait aboutir à la construction des infrastructures en échange de minerais. Le montant total concerné était au départ de 9 milliards de dollars. Il a été revu l'année suivante à 6 milliards. Sauf que dans un rapport publié ce lundi par The Sentry, une série de révélations démontrent la stratégie utilisée pour détourner une partie de l’argent. 

« L’un des contrats les plus importants de l’histoire de la République démocratique du Congo se révèle également comme l’un des plus sordides. Avec des milliards de dollars de richesses minérales en jeu, deux sociétés chinoises ont injecté des millions de dollars dans des comptes contrôlés par la famille du président. Le stratagème impliquait un réseau de sociétés écrans et un intermédiaire douteux, mais au centre de tout cela se trouvait une banque dont la famille au pouvoir en RDC s’était emparée. Les systèmes de contrôle et de conformité relatifs au blanchiment d’argent peuvent sembler ésotériques, mais lorsqu’ils échouent, cela peut avoir des conséquences dangereuses. Il est grand temps d’éteindre la blanchisseuse, de geler et de restituer les actifs volés et de poursuivre les individus responsables », a déclaré J.R. Mailey, directeur des enquêtes chez The Sentry.

L’ONG cite le nom de David Du Wei, un intermédiaire entretenant des liens avec des relations de haut niveau en RDC et en Chine. Congo Construction Company (CCC), sa société que The Sentry qualifie d’écran, a reçu 55 millions de dollars depuis des sources étrangères. D’après l’ONG, ces fonds étaient « apparemment destinés à M. Kabila et son entourage. La CCC a ensuite versé 10 millions de dollars à des comptes en toute sécurité tandis que la famille Kabila risquait de perdre à la fois le pouvoir et le contrôle de la banque ». 

Cet argent a transité par le système financier international, passant par des institutions financières majeures telles que Citibank et Commerzbank, en provenance et à destination de la RDC, « le tout sous de faux prétextes et avec peu ou aucune documentation à l’appui. Ces faits démontrent comment des géants financiers dont les valeurs de marché éclipsent l’ensemble de l’économie congolaise ne font rien pour protéger les pauvres des affres d’un système kleptocrate ». 

« Lorsque des sociétés sans scrupules désirent obtenir des contrats lucratifs et faire disparaître certains obstacles, elles délèguent parfois leurs basses besognes à des intermédiaires. Ces agents malhonnêtes distribuent les légendaires sacs remplis de billets pour corrompre des fonctionnaires locaux. Notre enquête a découvert un de ces intermédiaires, David Du Wei, et nous détaillons chaque étape de son opération corrompue qui avait pour objectif de faire en sorte que le contrat minier de plusieurs milliards de dollars aboutisse. Le contrat devait permettre de reconstruire l’infrastructure critique en RDC et d’améliorer la qualité de vie du peuple congolais. Au lieu de cela, les énormes sociétés chinoises qui étaient derrière le contrat ont préféré payer des pots-de-vin aux intermédiaires congolais, qui ont volontiers empoché l’argent pendant que les travaux d’infrastructure étaient en proie à des retards et des insuffisances », a déclaré John Dell’Osso, enquêteur senior à The Sentry.

The Sentry recommande notamment au gouvernement congolais d’établir une gamme de mesures pour identifier si toute activité décrite dans son rapport a enfreint la loi, renforcer l’indépendance des principaux organismes de surveillance, augmenter le contrôle des transactions éventuellement touchées, imposer de fortes exigences de déclaration des actifs et de partage de l’information entre les autorités publiques et les banques commerciales, et, de manière générale, compliquer la tâche des fonctionnaires qui cherchent à trahir la confiance du public.

Côté congolais les choses commencent à bouger. Félix Tshisekedi a fait quelques annonces qui touchent au rapport que le pays entretient avec les intérêts chinois en RDC. Il a par exemple décidé d’évaluer la part de la Gécamines dans Tenke Fungurume Mining (détenu essentiellement par China Molybdenum). Il a également sollicité un état des lieux de l'exécution du contrat chinois signé en 2008. 

Lire le rapport « Trafic d’influence » : https://thesentry.org/reports/backchannel

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