Ce jeudi 15 janvier, la ville de Kinshasa a été profondément frappée par des fortes inondations après des pluies diluviennes qui se sont abattues d’abord sur quelques coins de la capitale mercredi, avant de s’étendre, à partir de premières heures de ce jour, sur l’ensemble de 24 communes.
Sur le terrain, c’est le chaos. Il y a, par exemple, l’avenue victoire, où sont exécutés depuis deux mois les travaux du pont jeté sur la rivière Kalamu dans la commune éponyme, que les eaux de la pluie ont complètement submergé, rendant quasiment impossible le trafic des véhicules et le passage des piétons. À quelques lieux de là, le boulevard Triomphal, longeant le stade des martyrs, Kinshasa Arena, le parlement, le centre culturel, le musée national et autres, à la frontière des communes de Kasavubu et Lingwala, est pleinement gorgé des eaux, avec tous les collecteurs bouchés. Des images, devenues virales, montrent des véhicules immobiles, pris dans l’embuscade provoquée par le courant d’eau.
Des images nous parvenues montrent également la célèbre avenue des huileries, qui traverse les communes de Lingwala, Kinshasa et Gombe, affichée méconnaissable, les eaux ayant fait disparaitre les quelques séparateurs qui lui restent, donnant du fil à retordre aux passants, obligés de retrousser leurs pantalons. Dans la commune de Kintambo, les avenues de renom, dont l’OUA, Comorico et tant d’autres, référence de la première municipalité de Kinshasa, contiennent jusqu’alors des quantités importantes d’eau, au point qu’au passage des véhicules qui s’y aventurent au péril de leurs moteur les parcelles environnantes paient cash. C’est le même cas dans les communes de Matete, Limete, Masina, Ndjili, Ngiri. À Mont-Ngafula, particulièrement, les têtes d’érosion continuent d’avancer.
Si les coins périphériques de la capitale ont été touchés par ces pressions atmosphériques, la commune de la Gombe, centre des institutions de la RDC, a également fait les frais de ce phénomène naturel. Après la pluie de la soirée d’hier mercredi, il y a eu des pleurs, à travers les réseaux sociaux, des travailleurs qui avaient peiné à rentrer chez eux, à cause des eaux qui avaient inondé le boulevard du 30 juin, provoquant des bouchons, et obligeant nombre de gens à abandonner des moyens de transport pour poursuivre le reste du trajet à pied, en leur corps défendant.
Jusqu’à preuve du contraire, les autorités urbaines n’ont pas encore communiqué sur les potentiels dégâts humains et matériels que ces pluies auraient fait dans l’ensemble de la capitale.
Ce jeudi, journée précédent les deux jours fériés, chômés et payés des 16 et 17 janvier (assassinats de Laurent Désiré Kabila et de Patrice Lumumba), a été visiblement sans activité, car la pluie qui avait commencé aux premières heures de la journée, est allée jusqu’en début de l’après-midi. La ville est, en effet, partie pour un total de 4 successifs jours sans activité.
Samyr LUKOMBO