Suite aux tueries répétitives des changeurs de monnaie dans la ville de Goma, le maire policier de cette ville a rappelé, ce mercredi 10 novembre, sa mesure prise en septembre dernier, interdisant les opérations de change au-delà de 17 heures locales. C’était, selon le commissaire supérieur principal, François Kabeya, une façon de pouvoir arrêter avec des cas d'assassinats en répétition et de vol d’argent.
« Je voulais juste vous rappeler les mesures que j'ai prises le 31 août et le 1er septembre dernier. Les deux mesures concernaient respectivement l'interdiction de la circulation des motos au-delà de 19h et la clôture des opérations de change à 17h locales. Voilà pourquoi, je vous rappelle que ces mesures sont encore en vigueur », a dit aux changeurs de monnaie, le commissaire supérieur principal François Kabeya.
Ce rappel fait suite à l’assassinat en mardi en début de la soirée d’un cambiste en plein centre ville de Goma.
« Le changeur a été tué quand j’étais encore au bureau. J'ai entendu des coups de balles et j'ai envoyé des policiers pour aller vérifier. Je regrette ce qui est arrivé à ce cambiste», a déploré le maire.
Les changeurs de monnaie, de leur côté, ont promis de respecter la décision de l’autorité urbaine.
« Nous avons demandé au maire de rassurer la sécurité des cambistes et de toute la population en cette période de l’état de siège. Le maire nous a justement rappelé le respect de la mesure d’arrêter le travail à 17h. C'est pour notre bien et le bien de toute la population. Je demande aux cambistes de regagner leurs logis à 17h », a pour sa part promis Nzala Kamabu Fiston, coordonnateur du rassemblement des cambistes du Nord-Kivu (RACANOKI).
Au moins 5 changeurs de monnaie et revendeurs des crédits d’appels ont été tués à Goma en moins de 6 mois, soit entre août et novembre 2021. En 2020, au moins 10 changeurs de monnaie ont été tués à Goma en moins d'une année.
Plusieurs personnes ont soupçonné les conflits entre les corporations de cette couche sociale, comme étant parmi les causes de ces cas de meurtre. Les autorités tentent depuis lors de trouver des solutions à ce problème de meurtre des changeurs de monnaie à Goma.
Jonathan Kombi, à Goma