Prenant position sur les débats politiques et institutionnels en cours en République démocratique du Congo, Alain Kabongo, cadre de l'UDPS et élu local à Lubumbashi, a défendu la nécessité d'un dialogue national et d'un changement de la Constitution. Il estime que le pays doit se doter d'une loi fondamentale conçue par les Congolais et répondant aux réalités nationales.
« Nous voulons une Constitution rédigée par les Congolais, sur le sol congolais et pour les Congolais. Une Constitution qui exprime notre identité, notre histoire, nos aspirations et surtout notre souveraineté nationale. Nous ne voulons plus d'un système politique qui fait penser que notre avenir peut être pensé ailleurs », a-t-il déclaré.
Dans cette perspective, il a annoncé le lancement, le 30 novembre prochain, d'une campagne de mobilisation destinée particulièrement à la jeunesse du Haut-Katanga, avec un accent sur les militants de l'UDPS à Lubumbashi.
« J'en appelle à toute la jeunesse lushoise, particulièrement celle de l'UDPS, à la vigilance, à la responsabilité et à la mobilisation. Nous devons mettre nos divergences de côté et comprendre que les enjeux politiques et sécuritaires auxquels notre pays fait face dépassent nos querelles internes », a-t-il insisté.
Pour Alain Kabongo, les menaces qui pèsent sur les institutions et la souveraineté nationale imposent une mobilisation collective. Il a notamment dénoncé toute influence étrangère sur les choix politiques et constitutionnels de la RDC, affirmant que « le Rwanda ne doit jamais décider de l'avenir politique et constitutionnel de la République démocratique du Congo ».
Joseph Kabila et le FRN : Alain Kabongo interpelle les leaders katangais
Abordant la situation sécuritaire dans l'est du pays, le cadre de l'UDPS a condamné la rébellion du Front de résistance nationale (FRN), qu'il associe à l'ancien président Joseph Kabila. Il estime que celui qui a dirigé le pays pendant 18 ans ne devrait pas choisir la voie de l'affrontement contre la République.
« Le choix de combattre la République ne pouvait pas venir de celui qui l'a dirigée pendant 18 ans », a-t-il déclaré, avant d'appeler les personnalités politiques et les notables du Katanga à prendre clairement position contre cette rébellion.
Il a également déploré ce qu'il considère comme un silence coupable de certains notables de la province face à la situation sécuritaire dans l'est de la RDC.
« Le moment est venu où chaque leader katangais doit prendre clairement position et condamner sévèrement la rébellion du FRN de Joseph Kabila qui endeuille le pays. La République démocratique du Congo mérite mieux que des loyautés circonstancielles. Elle a besoin de leaders courageux, conséquents et patriotes, capables de défendre le pays même lorsque leurs intérêts personnels ne sont pas en jeu », a-t-il soutenu.
Dans son intervention, Alain Kabongo a salué les prises de position de plusieurs personnalités du Katanga, notamment Martin Kazembe Shula, gouverneur intérimaire du Haut-Katanga, Michel Kabwe, président de l'Assemblée provinciale, ainsi que le notable Jean-Claude Muyambo, qu'il a félicités pour avoir, selon lui, clairement condamné la rébellion.
La C64 appelée à clarifier sa position
L'élu local de Lubumbashi a également adressé un message à la plateforme d'opposition C64, l'invitant à revoir son positionnement politique et à condamner publiquement la rébellion attribuée à Joseph Kabila.
« La C64 doit améliorer la voie qu'elle suit et condamner publiquement la rébellion de Joseph Kabila », a-t-il déclaré.