Les injures et les attaques verbales se multiplient sur les réseaux sociaux dans la province du Kwilu. Face à cette situation, le Gouverneur de province vient de saisir le parquet général près la cour d'appel du Kwilu d'une plainte contre inconnu. Il entend ainsi faire identifier les auteurs des vidéos et des propos injurieux et outrageants diffusés en ligne à son encontre.
Dans sa plainte, son avocat, Me Jolivane Wane, signale au parquet l'existence de vidéos publiées ou relayées sur les réseaux sociaux, ainsi que de propos susceptibles de porter atteinte à l'honneur, à la dignité et à la considération du chef de l'exécutif provincial. Il sollicite l'ouverture d'une enquête judiciaire, le constat et l'examen des éléments de preuve numériques, ainsi que des poursuites contre les personnes qui seront identifiées. L'avocat affirme disposer de vidéos, de liens et de captures d'écran susceptibles d'étayer la plainte.
Au-delà de cette démarche judiciaire du Gouverneur, la société civile exprime également ses inquiétudes face aux dérives observées sur les réseaux sociaux. Ezéchiel Kasenda, cadre de la société civile de Bandundu, dénonce notamment la multiplication des accusations sans preuves et l'existence de groupuscules qui s'organiseraient pour s'attaquer aux autorités provinciales et alimenter leurs divisions.
« Nous avons constaté que les gens ont la facilité d'insulter les autorités. Aujourd'hui, on peut qualifier les autorités de voleurs sans avoir des preuves. Il y a des groupuscules maintenant qui créent des forums dans les réseaux sociaux pour s'attaquer aux autorités. Des affirmations gratuites, sans preuves, juste pour salir et essayer de monter telle autorité contre une autre. Ça devient monnaie courante. On peut payer deux ou trois personnes pour insulter les autorités », déclare Ezéchiel Kasenda.
Au Kwilu, WhatsApp et Facebook figurent parmi les principales plateformes utilisées dans ces échanges. Les prises de position vont de la défense du Gouverneur et de son Vice-gouverneur aux accusations de détournement et aux injures visant les deux responsables. Certains internautes chercheraient également à les opposer, en prenant ouvertement parti pour l'un ou l'autre camp. Pour soutenir leurs accusations, des documents administratifs et financiers sont parfois exhibés sur les réseaux sociaux, alors que leur authenticité reste à établir.
Cette exposition ne concerne pas uniquement les deux membres de l'exécutif provincial. Des députés nationaux et provinciaux, ainsi que des responsables des services publics provinciaux, sont également pris à partie et exposés à la vindicte populaire, au gré des appartenances et des positionnements de leurs détracteurs.
Ces dérives avaient déjà suscité des préoccupations au sein des institutions provinciales. Dans son discours d'ouverture de la session du 30 septembre dernier, le président de l'Assemblée provinciale du Kwilu, Me Claude Kumpel, avait notamment interpellé le Gouverneur sur la question.
« J'invite également Monsieur le Gouverneur de province à veiller sur les dérapages de ses collaborateurs dans les réseaux sociaux, qui ternissent l'image de la province du Kwilu et qui attestent le manque de respect envers les autorités établies », avait-il déclaré.
Jonathan Mesa