La ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a proposé, ce jeudi 5 novembre à Kinshasa, la mise en place d’un pacte national « Femme, paix et sécurité » afin de renforcer la participation des femmes aux décisions politiques, aux négociations de paix et aux mécanismes de sécurité en République démocratique du Congo (RDC).
Cette proposition a été formulée à l’occasion de la commémoration du 26ᵉ anniversaire de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, consacrée au rôle des femmes dans la prévention et la résolution des conflits ainsi que dans la consolidation de la paix.
« Je propose la mise en place d’un pacte national Femme, paix et sécurité, fondé sur les exigences d’une participation effective des femmes aux décisions, aux négociations et à la vie publique, une protection renforcée et un accès effectif à la justice, ainsi qu’un financement conséquent des initiatives féminines », a déclaré la ministre.
Le pacte proposé repose sur quatre priorités : renforcer la participation des femmes aux décisions et aux négociations de paix, améliorer leur protection et leur accès à la justice, garantir un financement durable des initiatives féminines et mettre en place un mécanisme rigoureux de suivi-évaluation aux niveaux national et provincial.
Pour Micheline Ombae Kalama, il est désormais nécessaire de dépasser les engagements institutionnels pour parvenir à une participation réelle des femmes dans les instances de décision.
« Il est temps de passer des engagements aux résultats, de la représentation à la participation effective et de la consultation à la codécision », a-t-elle insisté.
Des avancées institutionnelles à consolider
La ministre a également évoqué les progrès réalisés par la RDC dans la mise en œuvre de la Résolution 1325, notamment la création du Secrétariat permanent national 1325, l’élaboration du Plan d’action national de troisième génération et la mise en place de mécanismes provinciaux de coordination.
Elle a toutefois souligné la nécessité de transformer ces acquis en résultats concrets pour les femmes, particulièrement celles vivant dans les zones affectées par les conflits.
Évoquant la promotion du leadership féminin, Micheline Ombae Kalama a salué l’engagement du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo en faveur de la masculinité positive. Elle a notamment cité la nomination de Judith Suminwa Tuluka comme première femme à occuper le poste de Première ministre en RDC.
S’adressant aux femmes congolaises, elle les a encouragées à investir davantage les espaces de dialogue, de médiation, de négociation et de gouvernance.
« La femme congolaise ne doit plus être une survivante des conflits, mais une force de souveraineté, une architecte de paix et une bâtisseuse de la République », a-t-elle déclaré.
Elle a également appelé les institutions publiques et les partenaires à soutenir durablement les initiatives portées par les femmes.
Adoptée le 31 octobre 2000 par le Conseil de sécurité des Nations unies, la Résolution 1325 reconnaît le rôle essentiel des femmes dans la prévention des conflits, les processus de paix et la reconstruction post-conflit. Sa commémoration constitue une occasion d'évaluer les engagements des États en faveur de l'agenda « Femmes, paix et sécurité ».