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RDC-FMI: le gouvernement brandit la persistance du conflit armé dans l’Est et l’épidémie d’Ebola pour solliciter des moyens financiers supplémentaires 

Getty Images

Une équipe du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Calixte Ahokpossi a tenu des discussions avec les autorités congolaises du 22 octobre au 4 novembre 2026 sur le quatrième examen du programme de la République démocratique du Congo soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) et le troisième examen du programme appuyé par la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).

À l'issue de cette mission, le FMI a attiré l'attention des dirigeants congolais sur les pressions exercées sur les finances publiques par la persistance du conflit armé dans l'Est du pays et la riposte à l'épidémie d'Ebola. Ces deux facteurs pèsent sur le budget de l'État et compliquent l'exécution budgétaire pour le reste de l'année 2026.

"La persistance du conflit armé dans l’est de la RDC et la riposte à l’épidémie d’Ebola pèsent sur le budget. Le déficit budgétaire national est resté inférieur au plafond programmé fin juin 2026, mais des difficultés d’exécution budgétaire sont apparues pour le reste de l’année. Dans ce contexte, il est essentiel de remédier rapidement aux retards dans la mise en œuvre des mesures d’augmentation des recettes approuvées dans le budget 2026 et de prendre des mesures pour maîtriser la masse salariale et rationaliser les dépenses non prioritaires. Avec le soutien de partenaires multilatéraux et bilatéraux, les autorités intensifient leurs efforts pour éradiquer l’épidémie d’Ebola", a indiqué le FMI dans le communiqué final à l'issue de la mission.

Le gouvernement a également demandé un accès supplémentaire au titre du mécanisme de soutien à la riposte (MSR), afin d'atténuer les risques macro-budgétaires liés aux chocs sanitaires, notamment par le renforcement des dispositifs de préparation et de riposte aux épidémies.

"Afin de couvrir les coûts supplémentaires et les besoins de financement extérieur, le gouvernement a demandé un assouplissement des plafonds de déficit budgétaire pour 2026 et 2027, ainsi qu’un accès accru aux ressources du FMI au titre du mécanisme de financement des épidémies (MFE). Il a également sollicité un accès accru au titre du mécanisme de soutien à la riposte (MSR) afin d’atténuer les risques macro-budgétaires liés aux chocs sanitaires, grâce au renforcement de son dispositif de préparation et de riposte aux épidémies. Ces demandes seront soumises au Conseil d’administration du FMI pour examen et approbation. La mission s’est félicitée du soutien supplémentaire apporté par d’autres partenaires au développement", a affirmé le FMI.

Au-delà des pressions budgétaires, le FMI insiste également sur la nécessité de poursuivre les réformes relatives à la gestion des finances publiques en RDC. L'institution estime que des progrès supplémentaires sont indispensables pour renforcer la transparence et améliorer l'efficacité de l'utilisation des ressources publiques.

"Des progrès supplémentaires dans la modernisation de la gestion des finances publiques sont nécessaires pour améliorer la transparence et l’efficacité de l’utilisation des ressources publiques. Il est notamment important de limiter le recours aux procédures de dépenses d’urgence, d’étendre davantage la décentralisation de l’autorisation des dépenses à d’autres ministères, de finaliser le déploiement du Compte unique du Trésor et de rationaliser les fonds spéciaux et les entités publiques, tout en alignant leur gestion sur la réglementation générale de la comptabilité publique".

À l'issue de cette mission, les autorités de la RDC et l’équipe du FMI sont parvenues à un accord au niveau des services sur le quatrième examen du programme triennal de la RDC au titre du CEC et le troisième examen du programme triennal de la RDC au titre du SFR, sous réserve de l’approbation de la direction du FMI et du Conseil d’administration, l’examen par le Conseil étant provisoirement prévu pour décembre 2026. D'après le ministre des finances Doudou Fwamba, Sous réserve des approbations requises du Conseil d'administration, un décaissement d’environ 771 millions d’USD est attendu, dont environ 240 millions d’USD pour financer le plan de riposte contre Ebola pour la phase 2026.

La République démocratique du Congo est engagée depuis janvier 2025 dans un nouveau programme triennal avec le Fonds monétaire international, visant à soutenir la stabilité macroéconomique et la croissance. Ce programme comprend une Facilité élargie de crédit (FEC) ainsi qu’une Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).

Le programme appuyé par la FEC vise à consolider les progrès réalisés dans le cadre du précédent accord, qui couvrait la période 2021-2024 et s’est achevé en juillet 2024. Il ambitionne de préserver la stabilité macroéconomique, d’améliorer l’environnement des affaires, de renforcer la gouvernance et la transparence, ainsi que de favoriser une croissance inclusive. La réalisation de ces objectifs passe notamment par la poursuite des efforts de mobilisation des recettes publiques et l’approfondissement des réformes destinées à moderniser la gestion des finances publiques, avec un accent particulier sur l’efficacité et la redevabilité dans l’utilisation des ressources de l’État.

De son côté, le programme soutenu par la FRD vise à accompagner la RDC dans la mise en œuvre de sa vision de « pays solution » face aux défis de la transition vers une économie mondiale à faible émission de carbone, tout en renforçant sa résilience aux effets du changement climatique. Selon le FMI, cet accord doit permettre au pays de surmonter les défis actuels, de renforcer ses capacités d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques, tout en consolidant son rôle dans la transition écologique mondiale.

Le programme met notamment l’accent sur la protection des vastes forêts tropicales de la RDC, le renforcement de la résilience face aux catastrophes naturelles liées au changement climatique, ainsi que sur une meilleure intégration des enjeux climatiques dans la planification et la gestion des investissements publics.

Clément MUAMBA


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