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RDC : à Kinshasa, des femmes de plusieurs structures célèbrent les 26 ans de l’adoption de la Résolution 1325 de l’ONU

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Plus de 200 femmes, venues de plusieurs structures féminines, dont Tufaulu Pamoja, Rien Sans les Femmes et Justice et Paix au Congo (JPC), ont célébré, ce mardi à Kinshasa, le 26e anniversaire de l’adoption de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Placée sous le thème : « 26 ans de la Résolution 1325 : renforcer le leadership des femmes de tous âges (adultes et jeunes) et leur participation effective aux processus de paix pour une paix durable en RDC », cette célébration, organisée à l’amphithéâtre de l’Institut national des arts (INA), visait notamment à contribuer au renforcement du leadership et de la participation effective des femmes et des jeunes aux processus de paix, de sécurité et de prise de décision en RDC, à travers le dialogue multipartite, le partage d’expériences et l’information sur les opportunités de financement.

Dans son mot de bienvenue, Nathalie Yoka Mbombo, chargée de projet Tufaulu Pamoja, avec le mouvement Rien Sans les Femmes, a plaidé pour une participation accrue des femmes et des jeunes aux processus de paix et aux instances de décision en RDC. Elle a notamment mis en avant un programme de mentorat réunissant 240 femmes et jeunes aspirants politiques, destiné à renforcer leur leadership et leur implication dans la gouvernance.

Connue pour son engagement en faveur de la mise en œuvre de la Résolution 1325, qui lui a valu le surnom de « maman 1325 », Annie Matundu a d’abord rappelé que cet instrument, qui garantit la participation des femmes aux processus de paix, leur protection contre les violences liées aux conflits armés, la prévention des conflits et des violences basées sur le genre ainsi que leur implication dans les processus de relèvement et de reconstruction post-conflit, reste méconnu du grand public.

« Il y a une bonne partie de la population qui ignore cette résolution, que ce soit au niveau des institutions, au niveau académique, même au niveau des chercheurs », a-t-elle fait remarquer.

Conseillère en genre et consultante en développement, Annie Matundu a abordé le pilier relatif à la participation des femmes, saluant les avancées enregistrées en RDC, avec une représentation féminine estimée à 34 % au sein du gouvernement, dirigé par une Première ministre. Elle a également plaidé pour une représentation de 30 % des femmes dans les processus de paix et dans le dialogue national annoncé par le président de la République.

Plaidoyer pour la traduction de la Résolution 1325 en langues nationales

Annie Matundu a énuméré plusieurs défis auxquels se heurte la mise en œuvre de cette importante résolution du Conseil de sécurité de l’ONU en RDC, dont le Plan d’action national (PAN) a été adopté en 2010. L’experte a notamment épinglé la faible appropriation de cet instrument, le manque de financement ainsi que son absence d’alignement sur le budget national, qui limite les moyens consacrés aux activités de vulgarisation.

Rédigée en français, la Résolution 1325 devrait, selon elle, être traduite en quatre langues nationales afin de permettre aux populations des 145 territoires du pays d’en comprendre la portée et de favoriser son appropriation.

Pour sa part, Didier Lapierre, coordonnateur national du suivi de la mise en œuvre de la Résolution 1325 en RDC, a salué les avancées enregistrées dans l’application de cet instrument des Nations Unies. Il a notamment évoqué les réformes de l’arsenal juridique congolais ayant permis de supprimer certaines dispositions discriminatoires à l’égard des femmes, ainsi que les progrès réalisés en matière de participation politique. Selon lui, leur représentation au sein du gouvernement est passée d’environ 9 à 15 % dans les précédentes équipes à 34 % actuellement, avec une femme à la tête de la Primature.

Il a également mis en avant les réformes au sein de la police et de l’armée, notamment en matière de prévention des conflits, de lutte contre les violences sexuelles et de protection des femmes, ainsi que la mise en place des secrétariats provinciaux chargés du suivi de la résolution.

S’agissant des défis et des perspectives, Didier Lapierre a insisté sur la nécessité de renforcer la participation des femmes aux mécanismes de paix, aux instances de prise de décision et aux dispositifs d’alerte précoce, particulièrement dans un contexte marqué par les conflits armés en RDC. Il a recommandé aux différents acteurs d’unir leurs forces, de mener un plaidoyer soutenu et de privilégier le dialogue afin de favoriser le retour à une paix durable dans le pays, estimant que la stabilité constitue un préalable essentiel au développement et à la consolidation des acquis.

La jeunesse appelée à s’impliquer davantage dans les processus de paix

Mukenge Totoro, coordonnateur de l’Union des jeunes congolais pour le changement et de la Dynamique de la nouvelle génération, a salué la Résolution 1325 des Nations Unies, qu’il considère comme un instrument important pour renforcer la participation des femmes et des jeunes filles aux processus de paix et aux instances de prise de décision. Évoquant également la complémentarité avec la Résolution 2250 consacrée à la jeunesse, il a appelé les femmes et les jeunes, particulièrement les jeunes filles, à prendre conscience de leurs responsabilités et à s’impliquer davantage dans la recherche de la paix et la gouvernance en RDC.

Tout en saluant la représentation actuelle des femmes, estimée à plus de 30 %, il a plaidé pour une meilleure intégration des jeunes dans les espaces décisionnels, soulignant que ces deux catégories, parmi les premières victimes des conflits, doivent également être des actrices et des acteurs essentiels de la paix.

Samyr LUKOMBO