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RDC : 26 ans après l’adoption de la résolution 1325, les femmes appelées à renforcer leur rôle dans les processus de paix

26ᵉ anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies

La République démocratique du Congo a célébré, mardi 3 novembre, le 26ᵉ anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies, à l’occasion d’une activité organisée à l’amphithéâtre de l’Institut national des arts (INA), à Kinshasa. Placée sous le thème « Renforcer le leadership des femmes de tous âges et leur participation effective aux processus de paix pour une paix durable en RDC", cette rencontre a mis l’accent sur les avancées, les défis et les perspectives de participation des femmes aux processus de paix.

Organisée dans le cadre de la deuxième phase du projet « TUFAULU PAMOJA – Réussir ensemble », mis en œuvre par CAFOD (Catholic Agency for Overseas Development) et ses partenaires en RDC, l’activité a réuni près de 240 femmes et jeunes aspirants politiques engagés dans un parcours de mentorat, ainsi que des représentants des institutions publiques, de la société civile et des organisations de femmes et de jeunes.

Les échanges ont notamment porté sur la nécessité de renforcer l’appropriation de la résolution 1325, son financement et sa mise en œuvre à tous les niveaux de gouvernance.

Intervenant au cours de cette rencontre, Annie Matundu, consultante en genre et développement, a relevé trois défis majeurs qui entravent l’application effective de cette résolution en RDC.

« Le premier défi est celui de l’appropriation de cette résolution. Nous sommes près de 40 personnes dans cette salle, mais si je demandais combien connaissent réellement la résolution 1325, je pense que nous n’aurions même pas la moitié des participants », a-t-elle fait observer.

Sur le plan financier, elle a déploré l’absence de ressources suffisantes consacrées à sa mise en œuvre, obligeant les acteurs engagés dans ce domaine à solliciter régulièrement des partenaires extérieurs pour financer leurs activités. Elle a également souligné que la situation sécuritaire en RDC, marquée par la persistance des conflits armés, constitue un obstacle à l’application effective de cet instrument.

La participation politique des femmes, parmi les avancées relevées

Malgré ces difficultés, Annie Matundu a mis en avant des progrès dans la représentation des femmes au sein des institutions publiques. Elle a notamment évoqué une évolution de leur participation au gouvernement, passée, selon ses chiffres, de 25 à 34 %. Sur les 53 membres du gouvernement, 17 sont des femmes.

Elle a également mentionné des avancées dans les institutions parlementaires et les entités locales, avec une représentation féminine qu’elle situe à 17 % au Sénat et à 19 % au niveau communal.

Pour la consultante, l’organisation des premières élections des conseillers communaux en RDC constitue une avancée dans l’ouverture des institutions locales à la participation des femmes.

Toutefois, ces progrès restent à consolider. Annie Matundu plaide notamment pour une meilleure intégration de la résolution 1325 dans les politiques publiques, au-delà du seul niveau national.

« Nous souhaitons que la mise en œuvre de cette résolution s’étende véritablement du niveau national au niveau local. Cela suppose l’élaboration de plans d’action provinciaux et locaux, ainsi qu’une appropriation de la résolution à tous les échelons », a-t-elle expliqué.

Elle estime également nécessaire que le Parlement vote un budget spécifiquement consacré à cette résolution, afin de doter les initiatives en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité de moyens financiers pérennes.

Le leadership féminin au cœur des processus de paix

Abordant la question du leadership féminin, au centre du thème de cette célébration, Annie Matundu a rappelé que la résolution 1325 reconnaît la place des femmes dans la prévention des conflits, la gestion des crises et la consolidation de la paix.

« Le leadership n’a pas de sexe. Il n’est pas exclusivement réservé aux hommes ou aux femmes. Chacun possède des prédispositions qui lui permettent d’exercer un leadership dans un domaine particulier », a-t-elle soutenu.

Elle a notamment cité l’action de la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, dans le processus ayant conduit à l’adoption de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, le 21 février 2025. Pour elle, cet engagement illustre la capacité des femmes congolaises à porter les enjeux de paix et de sécurité jusque dans les instances internationales.

« Son leadership s’est exprimé au niveau international et a contribué à l’adoption de cet instrument qui devrait normalement nous aider à mettre fin à la guerre dans notre pays », a-t-elle déclaré.

En conclusion, la consultante a appelé à poursuivre les efforts en faveur du renforcement des capacités des femmes et de leur participation aux mécanismes de paix et de sécurité. Elle estime que leur implication doit se traduire davantage par une présence effective dans les espaces de décision et dans les initiatives de résolution des conflits en RDC.

La journée s’est poursuivie avec un deuxième panel consacré à l’entrepreneuriat, animé par le coach Gabriel Lubengo. Les échanges ont porté sur les opportunités de financement offertes aux femmes et aux jeunes, notamment en matière d’inclusion financière et d’accès aux postes de décision. Ce panel s’est articulé autour du thème : « Subventions et dispositifs d’appui aux femmes et aux jeunes, crédits, microcrédits et garanties bancaires : comment préparer un projet éligible et bancable ? ».

La rencontre s’est ensuite poursuivie avec une représentation théâtrale interactive axée sur la mise en œuvre de la résolution 1325, le leadership des femmes et des jeunes, ainsi que leur participation aux processus de paix.

Faire des femmes et des jeunes des acteurs incontournables de la paix

Adoptée le 31 octobre 2000, la résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies consacre le rôle essentiel des femmes, adultes comme jeunes, dans la prévention et le règlement des conflits, les négociations de paix, le maintien de la paix et la reconstruction post-conflit. Elle préconise notamment le renforcement de leur participation à tous les niveaux de décision, ainsi que leur protection contre les violences liées aux conflits.

En République démocratique du Congo, où les conflits armés et l’insécurité continuent de fragiliser les communautés, la participation effective des femmes et des jeunes aux mécanismes de paix, aux institutions et aux espaces de prise de décision demeure un défi majeur. Malgré leur rôle et leur potentiel dans la recherche de solutions, ils se heurtent encore à des obstacles persistants, notamment en matière d’accès aux financements, aux réseaux d’influence et aux instances de décision.

James Mutuba