Devant la communauté congolaise vivant à Moscou en Russie où il séjournait pour prendre part au sommet Russie-Afrique, le chef de l'État, Félix Tshisekedi est revenu, vendredi 30 octobre 2026 sur plusieurs sujets d'actualité liés à la situation politique en République démocratique du Congo. Parmi les questions abordées figure celle des récentes perquisitions menées par la justice belge auprès de membres de son entourage en Belgique.
À ce sujet, Félix Tshisekedi dénonce une manœuvre qu'il attribue à ses adversaires politiques, notamment son prédécesseur Joseph Kabila, l'opposant Moïse Katumbi ainsi qu'un avocat belge qu'il présente comme étant proche du Rwanda. Selon lui, l'objectif de cette démarche est de ternir son image auprès de l'opinion publique nationale et internationale.
Le président de la République estime que ses adversaires chercheraient à travers différentes accusations à remettre en cause sa crédibilité notamment en s'attaquant à sa gestion des finances publiques et à sa famille afin de le faire haïr dans un contexte de crise sécuritaire et d'agression rwandaise à travers la rébellion du FRN dirigée par Joseph Kabila, anciennement appelée AFC/M23.
« Il (NDLR : Joseph Kabila) est multimilliardaire, et ils disent que nous sommes en train de voler le pays. Dans leur stratégie, ils se sont dit : ce Monsieur (NDLR : Félix Tshisekedi) bénéficie tellement du soutien du peuple qu'il faut commencer par le salir. Ils ont d'abord commencé avec l'affaire des voyages présidentiels, en affirmant que cela coûtait énormément au Trésor public. Directement, notre Banque centrale du Congo a réagi pour dénoncer ces mensonges. Ce sont des dépenses prévues dans le cadre du budget », a déclaré Félix Tshisekedi.
Le chef de l'État affirme que face à l'absence de résultats de cette première démarche, ses adversaires ont décidé de s'attaquer à sa famille en organisant des perquisitions auprès de certains de ses proches.
« Ils ont quitté là et se sont dit qu'il fallait toucher à sa famille. Ils ont monté leur complot avec un avocat, un faux avocat blanc très proche des Rwandais depuis 30 ans, avec qui ils se sont habitués aux mensonges. Ils se sont mis ensemble avec mon prédécesseur. L'objectif était de toucher ma famille, en se disant que lorsqu'ils allaient toucher ma famille, cela allait également m'affecter », a-t-il affirmé.
Félix Tshisekedi dit par ailleurs attendre toujours que les autorités judiciaires communiquent les éléments découverts lors de ces perquisitions. Il compare cette situation aux opérations judiciaires au cours desquelles les objets saisis sont généralement présentés au public.
« Jusqu'à ce jour, j'attends toujours que l'on nous dise ce qui a été retrouvé lors des perquisitions. Comme vous le savez, lorsqu'on arrête quelqu'un avec de la drogue, par exemple, on dit toujours qu'il a été arrêté avec telle quantité de kilos. Lors des perquisitions, on annonce qu'on a trouvé des millions à tel endroit ou telle autre chose. J'attends toujours. Nous avons déjà constitué notre collectif d'avocats et nous allons contre-attaquer », a-t-il prévenu.
Dans son intervention, le président de la République est également revenu sur ses rapports avec Moïse Katumbi à l'époque de la coalition FCC-CACH, révélant que Joseph Kabila s'était opposé à son retour au pays. Selon Félix Tshisekedi, alors qu'il était favorable au retour de Moïse Katumbi en RDC et à la restitution de son passeport, son prédécesseur avait exprimé son désaccord.
« D'ailleurs, mon prédécesseur, à l'époque de la coalition FCC-CACH, lorsque j'avais échangé avec lui au sujet de ce Monsieur-là (NDLR : Moïse Katumbi), je lui avais dit que je ne souhaitais pas qu'il reste toujours en exil. Mon souhait était qu'il rentre au pays et que je lui remette son passeport. Mais mon prédécesseur était contre. Je me suis dit que c'était son affaire. Finalement, il était rentré au pays », a-t-il raconté.
Félix Tshisekedi affirme que Joseph Kabila lui avait ensuite fait part d'informations concernant les difficultés financières de Moïse Katumbi en Zambie, où ce dernier aurait été confronté à une procédure liée à des dettes.
« Il reviendra encore pour me dire : tu sais que ce Monsieur-là, on me l'avait emmené ici au moment où les Zambiens voulaient le faire arrêter. Il avait été décidé qu'il paie ses dettes, mais il n'avait même pas les moyens de les payer en Zambie. Lorsqu'il rentre au pays, il devient gouverneur et c'est à ce moment-là qu'il va commencer à avoir beaucoup d'argent », a rapporté le chef de l'État.
Poursuivant son intervention, Félix Tshisekedi a accusé ses adversaires d'être à l'origine des accusations portant sur le détournement des revenus issus de l'exploitation des minerais du Katanga. Il estime que ceux qui ont réellement profité de ces ressources seraient aujourd'hui devenus milliardaires.
« Ce sont eux qui sont allés chercher un avocat des Rwandais pour s'attaquer à ma famille. Ils ont décidé d'orchestrer des mensonges pour dire que c'est nous qui volons l'argent des minerais du Katanga, alors que ceux qui ont pillé les minerais du Katanga sont devenus aujourd'hui des milliardaires. Ce sont eux, mais ce n'est pas grave », a-t-il déclaré.
Pour Félix Tshisekedi, toutes ces démarches viseraient essentiellement à ternir sa réputation auprès des Congolais et sur la scène internationale.
« Ce qui m'intéresse, c'est de savoir quel était leur objectif. Salir ma personnalité dans l'opinion publique congolaise et au niveau international. Mais comme Dieu est Dieu, il les a confondus », a affirmé le président de la République.
Devant la Chambre des représentants en Belgique, le chef de la diplomatie belge, Maxime Prévot avait également abordé plusieurs sujets liés à l'actualité en RDC. Au sujet de ces perquisitions, il avait affirmé que : « Rien n'est orchestré, rien n'est prémédité par la diplomatie belge. »
Ces perquisitions menées en Belgique concernent des membres de l'entourage de Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, soupçonnés de plusieurs faits présumés, notamment de détournement de fonds et de blanchiment de capitaux.
Clément MUAMBA