La protection du territoire national et la sécurisation des personnes et de leurs biens figurent une nouvelle fois parmi les priorités du gouvernement de la République démocratique du Congo dans le projet de loi de finances pour l’exercice 2027 dans un contexte marqué par la guerre d’agression rwandaise, menée à travers la rébellion de l’AFC/M23 devenue FRN, avec à sa tête Joseph Kabila, la poursuite des hostilités et l’occupation continue de vastes pans des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu dans l’Est de la RDC.
Présenté devant l’Assemblée nationale, jeudi 29 octobre 2026, au Palais du Peuple, par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, ce projet prévoit une enveloppe de 14 091 milliards de francs congolais, soit environ 6,1 milliards de dollars américains, pour ce deuxième pilier du Programme d’actions du gouvernement.
Cette présentation de la cheffe du gouvernement intervient après le dépôt du projet de loi de finances pour l’exercice 2027 à l’ouverture de la session ordinaire de septembre 2026. Elle a permis à la Première ministre de revenir, devant la représentation nationale et en présence des membres de son équipe gouvernementale, sur les principales orientations budgétaires et les allocations prévues dans les différents secteurs de la vie nationale.
« Le deuxième pilier, “Protéger le territoire national et sécuriser les personnes et leurs biens”, mobilise 14 091 milliards de francs congolais, équivalant à 6,1 milliards de dollars américains. Ces moyens sont destinés à la défense, à la sécurité intérieure, à la stabilisation des communautés, à la justice et à la diplomatie », a fait savoir la Première ministre Judith Suminwa Tuluka lors de son intervention.
Alors que ces crédits concernent également le secteur de la diplomatie, dans un contexte où la RDC reste engagée dans les processus diplomatiques de Washington et de Doha, ils permettront aussi de renforcer la logistique, la formation et les capacités des forces de défense et de sécurité de la RDC.
« Sur le plan de la défense et de la sécurité intérieure, les allocations vont renforcer la formation, l’équipement et le soutien logistique de nos forces de défense et de sécurité, tout en améliorant la prise en charge du personnel militaire et policier », a ajouté la cheffe du gouvernement.
Par ailleurs, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a révélé que ces crédits concernent également un autre secteur de la vie nationale, à savoir celui de la justice, considéré comme l’un des fronts de la RDC face à l’agression rwandaise.
« Sur le plan judiciaire, les crédits prévus permettront notamment la construction des tribunaux et des prisons, le versement de la prime de risque et de brousse aux magistrats ainsi que le recrutement des magistrats nécessaires pour renforcer les effectifs requis au sein des chambres de la Cour des comptes », a indiqué la cheffe du gouvernement Judith Suminwa.
Le projet de loi de finances pour l'exercice 2027 présente un budget en équilibre, en recettes et en dépenses, à 56 930 milliards de francs congolais soit environ 24,8 milliards de dollars américains, en accroissement de près de 12 % par rapport au budget rectificatif de l’exercice 2026. Ce projet de budget présenté par la Première ministre Judith Suminwa peut subir des modifications une fois examiné et adopté au niveau de l'Assemblée nationale tout comme au Sénat.
Il en est de même pour les crédits affectés aux différents secteurs de la vie nationale. À ce stade, ils ne sont pas encore définitifs. Le Parlement, à travers ses deux chambres, à savoir l'Assemblée nationale et le Sénat, est compétent, lors de l'examen approfondi de ce texte, pour accroître les crédits alloués à tel ou tel autre secteur, les réduire pour certains secteurs ou encore les maintenir. Cet exercice donne lieu à des arbitrages au niveau des commissions économiques et financières ainsi que du contrôle budgétaire, puis au sein des assemblées plénières de l'Assemblée nationale et du Sénat, jusqu'à l'adoption d'options communes en cas de divergences.
Le début de l'examen de ce texte pour l'exercice 2027 a été précédé par celui du projet de loi portant reddition des comptes de l'exercice 2025. Selon les dispositions de la loi relative aux finances publiques, dite LOFIP, l'examen des comptes de l'exercice budgétaire clos doit précéder celui du nouveau projet de loi de finances.
Clément MUAMBA