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Est de la RDC : les ADF ont profité du peu de priorité que leur accorde Kinshasa, concentré sur la lutte contre le M23, le gouvernement appelé à rééquilibrer ses priorités sécuritaires face à ces deux menaces 

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La République démocratique du Congo, plus précisément sa partie Est reste secouée par les attaques terroristes des Forces démocratiques alliées (ADF) au-delà de l’agression rwandaise via la rébellion de l’AFC/M23, devenue le Front pour la refondation de la nation à la tête duquel se trouve l’ancien chef de l’État Joseph Kabila. Ces attaques sont enregistrées généralement dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, précisément dans les territoires de Beni, Lubero, Irumu et Mambasa.

Ces islamistes, qui ont fait allégeance à l’État islamique (EI), tuent des civils depuis plus de dix ans, et la violence ne faiblit pas, en dépit des opérations conjointes des armées congolaise et ougandaise menées depuis 2021 mais aussi de l’état de siège proclamé dans ces deux provinces par le chef de l’État, Félix Tshisekedi.

D’après une nouvelle enquête de The Sentry, publiée mardi 27 octobre 2026 et consultée par ACTUALITE.CD, les ADF gagnent du terrain en raison de la stratégie du gouvernement congolais qui n’accorde pas une attention particulière à cette menace, contrairement à celle liée à l’agression rwandaise via l’AFC/M23 devenue le Front pour la refondation de la nation.

« Les ADF ont été systématiquement le groupe armé le plus meurtrier pour les civils dans l’est de la RDC. Le groupe a enlevé des enfants dès l’âge de neuf ans pour en faire des enfants soldats. Ses attaques ont notamment consisté en des massacres dans des églises et lors de funérailles, et des survivants ont décrit des militants incendiant des maisons, mutilant des corps et utilisant le viol systématique comme arme de guerre. Pourtant, les ADF ont profité du peu de priorité que leur accorde Kinshasa, le gouvernement de la RDC concentrant ses efforts militaires sur la lutte contre le M23, soutenu par le Rwanda », rapporte l’enquête de cette organisation.

Face à ce tableau préoccupant, l’enquête de The Sentry interpelle le gouvernement de la République démocratique du Congo sur la nécessité de rééquilibrer ses priorités sécuritaires. L’objectif, selon cette organisation est d’accorder la même attention aux deux menaces sécuritaires, à savoir les ADF et l’agression rwandaise.

« Le gouvernement de la RDC devrait rééquilibrer ses priorités sécuritaires afin de contrer les ADF et le M23. Ce rééquilibrage devrait inclure des déploiements dédiés des forces armées congolaises et des opérations coordonnées pour maintenir la pression sur les deux fronts et empêcher l’exploitation des failles opérationnelles », recommande l’organisation dans son enquête.

Si les dirigeants se sont toujours montrés relativistes et optimistes face à ces deux mesures, à savoir les opérations militaires conjointes entre la RDC et l’Ouganda et l’état de siège, cinq ans après leur mise en place, estimant que des résultats palpables sont visibles tout en reconnaissant que des défis restent à relever, les élus du coin et certaines organisations de la société civile estiment que ces deux mesures n’ont pas donné les résultats escomptés et qu’elles ont, au contraire, contribué à aggraver la situation. À ce jour, l’activisme des ADF est également signalé dans la province du Haut-Uele, une province qui n’était pas touchée avant l’instauration de l’état de siège et le lancement des opérations conjointes.

Cette interpellation intervient alors que, malgré la signature de l’accord de Washington entre Kinshasa et Kigali et l’existence du processus de Doha entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, la situation n’évolue pas dans le sens escompté. Les hostilités se poursuivent sur le terrain entre les forces de Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda et devenue le Front pour la refondation de la nation, avec Joseph Kabila à sa tête. Les accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu et les interprétations divergentes des engagements pris compliquent la mise en œuvre de l’accord et alimentent la méfiance entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre Kinshasa et la rébellion.

Pendant ce temps, les populations civiles continuent de payer un lourd tribut à la guerre, alors que la situation humanitaire demeure particulièrement préoccupante dans plusieurs zones de l’est de la République démocratique du Congo.

Clément MUAMBA

 


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