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RDC : « On ne va pas faire le dialogue avec les supplétifs du Rwanda » insiste Félix Tshisekedi devant la diaspora congolaise de Moscou 

Tshisekedi au forum national des affaires coutumières

Le président de la République, Félix Tshisekedi s’est exprimé sur le dialogue national en gestation affirmant que le processus avance et que la mise en place des instances chargées de conduire le dialogue ainsi que la désignation des animateurs du comité d’organisation sont imminentes en vue d’aboutir à la paix, à la cohésion nationale et à la refondation de l’État.

S’exprimant vendredi 30 octobre 2026 devant la diaspora congolaise vivant à Moscou, en marge de sa participation au sommet Russie-Afrique, le président congolais a réitéré ses conditions de participation à ce dialogue national. La principale condition est la dénonciation de l’agression rwandaise et l’abandon de toute collaboration avec le Rwanda pour espérer prendre part aux échanges en tant que fils et filles de la République démocratique du Congo.

« Vous avez entendu parler de l'histoire du dialogue national, le processus avance, c'est pour bientôt la mise en place du Comité d'organisation. On connaîtra ses membres et les démarches seront lancées. Je le dis et je le répète encore, ce dialogue national : prendront part à ce dialogue seulement ceux qui n'ont rien à voir avec le Rwanda. Si tu sais que tu es au service du Rwanda et que tu veux participer au dialogue, dénonce ton passé. Tu avoues que tu as abandonné tes mauvaises pratiques pour te rassembler avec les fils et filles du pays afin d'échanger sur l'avancement du pays », a déclaré Félix Tshisekedi lors de son intervention.

Comme lors de son adresse à la nation, Félix Tshisekedi a affirmé que les supplétifs du Rwanda ne prendront pas part au dialogue national en gestation. Selon lui, leur participation viserait à défendre l’agenda de Kigali plutôt que celui de la RDC.

« On ne va pas faire le dialogue avec les supplétifs des Rwandais. Pourquoi ? Tout simplement, lorsqu'ils viendront dans ce dialogue-là, ils ne diront rien sur le pays. Vous avez suivi leurs pantins en train de dire que le kinyarwanda devienne une cinquième langue nationale, partager Goma pour une gestion commune avec eux, donc des histoires en regardant comme c'est beaucoup plus pour d'autres intérêts. C'est pourquoi vous avez vu dans notre Constitution un passage a été inséré où on dit que la République démocratique du Congo peut abandonner une partie de sa souveraineté dans le cadre de la solidarité africaine. Vous comprenez pourquoi je suis en train de combattre cette Constitution, c'est pour ces choses-là », a affirmé Félix Tshisekedi.

Au-delà du dialogue national, Félix Tshisekedi a fait savoir que ce processus n’a pas pour ambition le partage des responsabilités au sein des institutions. Il a plutôt évoqué la nécessité et l’importance de la justice dans le processus de réconciliation, qui devra jouer un rôle important pour mettre fin à l’hémorragie et éviter que d’autres Congolais ne reprennent les armes contre la nation à l’avenir.

« Nous allons faire la réconciliation. Moi, je veux la paix pour mon pays, pour mon peuple, mais cette fois-ci, ça ne se fera pas sans la justice. Tous ceux qui ont fait couler le sang des Congolais, même s'ils abandonnent la collaboration avec les ennemis et viennent au dialogue, on va leur demander : pourquoi as-tu fait couler le sang des Congolais ? Il n'est plus question de faire le dialogue avec ceux qui ont tué des Congolais et, à la fin du dialogue, prennent aussi des postes de responsabilité et recommencent l'histoire à zéro. Là, on ne va pas faire avancer le pays parce qu'il y aura d'autres aventuriers qui vont naître et tenter de refaire la même chose. C'est terminé, ça », a martelé Félix Tshisekedi, président de la RDC.

Cette nouvelle sortie de Félix Tshisekedi intervient dans un contexte marqué par des tractations autour de l’initiative de dialogue national lancée par le chef de l’État, sur fond de fortes tensions politiques et sécuritaires en République démocratique du Congo (RDC). Officiellement annoncé en août 2026 sous l’appellation de « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État », ce processus doit, selon la Présidence de la République, s’attaquer aux causes structurelles de l’instabilité du pays. Il devrait s’étendre sur une période maximale de trois mois, en commençant à la base avant de s’étendre aux instances nationales.

Cependant, son format suscite des désaccords au sein de la classe politique. L’opposition, notamment la famille politique de Joseph Kabila Kabange, conteste les modalités du processus et réclame davantage de garanties quant à son caractère inclusif et consensuel. Les questions liées à la préparation, à la facilitation et à la participation des différentes forces politiques et sociales demeurent ainsi au cœur des divergences entourant ce dialogue.

Cette démarche intervient également dans un contexte où les initiatives diplomatiques menées sous l’égide de Washington et de Doha peinent, malgré plusieurs rencontres d’évaluation, à produire les résultats escomptés. Sur le terrain, les hostilités se poursuivent entre les rebelles de l’AFC/M23 devenus FRN, soutenus par le Rwanda et les forces gouvernementales congolaises.

Clément MUAMBA

 


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