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RDC : sans surprise, Kinshasa salue les sanctions américaines contre le ministère rwandais de la Défense et la banque Zigama

Thérèse Kayikwamba, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et de la Diaspora congolaise à la 9e commission permanente mixte RDC–Ouganda

Le ministère congolais des Affaires étrangères a salué ce jeudi 29 octobre, la décision du département du Trésor des États-Unis de sanctionner le ministère rwandais de la Défense et Zigama Credit and Savings Society, une institution financière destinée aux membres des forces de sécurité du pays. Les deux entités sont accusées d’avoir contribué à l’agression menée contre la RDC par les rebelles de l’AFC/M23 appuyés par les Forces de défense rwandaises (RDF).

Selon le gouvernement congolais, dont la réaction ne surprend pas, ces sanctions témoignent de l’engagement de Washington en faveur de la paix et de la stabilité dans la région des Grands Lacs.

Pour Kinshasa, ces accusations confortent les conclusions des experts des Nations unies sur la situation sécuritaire dans l’est de la RDC.

« Ces constats, conformes à ceux du Groupe d'experts des Nations Unies sur la RDC, confirment que le M23, quel que soit son nom d'emprunt, demeure armé et financé depuis Kigali », peut-on lire dans un communiqué du MINAFFET.

Le gouvernement affirme également que l’armée rwandaise et ses supplétifs « continuent de violer l’intégrité territoriale de la RDC, de tuer des civils, de commettre des violences sexuelles et de piller les ressources naturelles, infligeant d'immenses souffrances aux populations de la région ».

Kinshasa dénonce l’impunité et appelle à davantage de pression

Pour le gouvernement congolais, la réaction internationale face au rôle du Rwanda dans le conflit reste insuffisante. Il dénonce un environnement international qu’il juge trop « permissif », qui continue de « protéger le Rwanda et d'entretenir son image soigneusement façonnée de modèle de réussite, en contradiction flagrante avec les souffrances qu'il provoque ».

Dans ce contexte, Kinshasa appelle les États, les organisations internationales, les partenaires commerciaux, les sponsors sportifs et les investisseurs à « réexaminer leurs relations avec le Rwanda », et demande que leurs relations soient compatibles avec les engagements internationaux en faveur de la paix.

Pour la partie congolaise, les sanctions américaines contre le ministère rwandais de la Défense constituent un rappel du principe selon lequel les violations présumées ne doivent pas rester sans conséquences.

La neutralisation des FDLR également mise en avant

Dans son communiqué, le gouvernement congolais réaffirme poursuivre ses engagements concernant la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

Il indique que, depuis janvier 2025, plus de 800 personnes, parmi lesquelles des combattants des FDLR et leurs dépendants, se sont rendues à la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), à la suite d’actions de sensibilisation et de démobilisation menées par les autorités congolaises.

Kinshasa rappelle également que le retrait des forces rwandaises figure parmi les obligations découlant de l’Accord de Washington et de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies.

« Leur maintien, aux côtés de l'AFC/M23, dans les zones concernées par les opérations de neutralisation des FDLR entrave la mise en œuvre des mécanismes convenus », déclare le gouvernement.

En conséquence, la RDC exige le retrait effectif et sans condition préalable de l’ensemble des troupes rwandaises de son territoire.

Le 28 octobre, le Trésor américain a sanctionné le ministère rwandais de la Défense pour avoir dirigé le déploiement de plusieurs milliers de soldats au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Ces forces auraient mené des opérations aux côtés du M23 et fourni un appui en équipements militaires.

Zigama Credit and Savings Society est, pour sa part, accusée d’avoir facilité des transferts d’or extrait de territoires sous contrôle du M23 vers Kigali. L’institution financière aurait également permis, selon les États-Unis, des transactions de plusieurs dizaines de millions de dollars au bénéfice de l’AFC/M23.

James Mutuba


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