Le président congolais Félix Tshisekedi a défendu jeudi à Moscou la diversification des partenariats de la République démocratique du Congo, sans alignement sur un camp, et appelé la Russie à soutenir l’application des résolutions de l’ONU sur le conflit dans l’est de son pays.
« Pour nous, diversifier nos partenariats n’est pas choisir un camp : c’est renforcer notre liberté de décision au service de nos populations », a-t-il déclaré dans une allocution en marge du troisième sommet Russie-Afrique, selon les éléments de son intervention transmis par la présidence congolaise.
Le chef de l’État a plaidé pour une coopération produisant des résultats en matière de sécurité, de création d’emplois et de représentation de l’Afrique dans la gouvernance mondiale, en réaffirmant son attachement à la souveraineté et à l’indépendance de décision de la RDC.
Sur la situation dans l’est congolais, il a dénoncé l’exploitation illicite des ressources naturelles qui finance les conflits armés.
« Notre choix est celui d’une paix durable, qui garantisse la sécurité de nos concitoyens et rétablisse l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national », a-t-il affirmé.
Félix Tshisekedi a réaffirmé privilégier la voie diplomatique à travers les processus de Washington et de Doha, en articulation avec la médiation de l’Union africaine. Il a insisté sur la nécessité de traduire les avancées diplomatiques en une mise en œuvre vérifiable sur le terrain.
Il a appelé Moscou à soutenir l’application des résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité, que la Russie a votées, ainsi que les efforts de médiation.
Évoquant ces textes, le président congolais a notamment rappelé les exigences de cessation des hostilités, de retrait du M23, de fin du soutien des forces rwandaises à la rébellion et de retrait de ces forces du territoire congolais. Il a également mentionné la fin de l’appui aux groupes armés et la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), affirmant que la RDC assumait ses obligations et attendait la même rigueur des autres parties.
La protection des civils, l’accès humanitaire et le retour volontaire, sûr et digne des déplacés et des réfugiés doivent, selon lui, guider l’action commune.
Sur le plan économique, Félix Tshisekedi a cité l’hydroélectricité, le nucléaire civil, les infrastructures, la transformation locale des minerais, la sécurité alimentaire et les engrais parmi les priorités congolaises.
Il a proposé de retenir un nombre limité de projets prioritaires par pays, assortis de financements identifiés, d’un calendrier réaliste et d’un suivi régulier. Un premier bilan serait présenté lors de la prochaine conférence ministérielle du forum de partenariat Russie-Afrique. Ces projets doivent favoriser les transferts de technologies, la formation et la participation des entreprises congolaises, a-t-il souligné.
Membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2026-2027, la RDC entend y agir avec indépendance, a poursuivi son président. Concernant l’Ukraine et le Moyen-Orient, il a plaidé pour le dialogue, la diplomatie et la protection des civils, en soulignant les conséquences de ces conflits sur les prix des denrées alimentaires, des engrais et de l’énergie.
Il a enfin demandé une réforme du Conseil de sécurité corrigeant la sous-représentation de l’Afrique, conformément à la position africaine commune.
« Davantage de sécurité, une capacité accrue à produire, une voix africaine mieux entendue : c’est à l’aune de ces trois résultats que nos peuples jugeront notre rencontre », a-t-il conclu.